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Histoire
et Géographie: quantités négligeables?
Par Gaël Nofri
L’idée de supprimer
l’enseignement de l’Histoire Géographie en classe de Terminale
Scientifique est une intention grave, et lourde de signification pour
celles et ceux qui demeurent attachés à un certain nombre de valeurs, à
une certaine idée de la France.
Aborder la question de l’Histoire-Géographie
en classe de Terminale Scientifique c’est s’attaquer à un sujet bien
plus grave que la simple suppression de cours de culture générale ou à
l’organisation des épreuves du baccalauréat. Il y a dans cet enjeu
quelque chose de fondamental, au sens premier du terme.
En effet, l’Histoire
comme la Géographie sont aux fondements même de notre construction
intellectuelle, politique oserai-je dire. Car l’un comme l’autre ont
pour vocation de transformer l’homme, de l’élever. Toutes deux
contribuent à faire d’un simple individu un citoyen, c'est-à-dire, avant
tout, un individu situé dans le temps et dans l’espace. C’est là, ainsi
doté d’un contexte, d’un héritage, d’une âme et d’un génie forgé au
cours des siècles que notre être prend toute sa place, qu’il se réalise
pleinement. Cette identité ainsi acquise se retrouve toute entière
contenue dans l’appartenance du citoyen à la Nation.
Celle-ci doit être ainsi
considérée comme la construction la plus aboutie, la plus forte, la plus
spécifique de notre identité. En 1500 ans d’existence, l’idée France, a
été à la fois l’héritage qu’il convenait de perpétuer, le combat qu’il
fallait mener, le trésor que l’on devait transmettre...
Ernest Renan disait :
«Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue,
ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait
ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore
dans l’avenir.»
Aujourd’hui plus que
jamais notre Nation est en danger. Et c’est moins à l’Europe, l’OTAN, la
mondialisation, l’immigration ou la faiblesse du pouvoir qu'à l’absence
de sentiment d’appartenance nationale que nous devons ce danger. La
première des décadences, la plus graves des folies, est celle d’un
Peuple qui renonce de lui-même à exister.
Depuis plusieurs années
la détérioration des programmes d’enseignement, la volonté d’enseigner
une Histoire Universelle et donc édulcorée, la nouvelle pédagogie
qui coupe les élèves des bases dès les petites classes, l’objectif 80%
de bacheliers sur une classe d’âge qui conduit à abaisser les niveaux
d’enseignement(…) sont à l’œuvre. Les dégâts déjà perceptibles sur une
grande partie de la jeunesse sont immense : les nouvelles générations ne
connaissent plus leur héritage, ils ne se sentent plus responsables de
la Nation, ils ne croient plus en son existence… ils l’ont décidé, le
citoyen doit redevenir individu, et l’individu de demain sera bête à
consommer.
A ce jeu là, l’Histoire,
comme d’ailleurs la Géographie, seront donc sacrifiés sur l’autel du
veau d’or. Dans ces conditions comment s’étonner de la proposition de
faire diminuer encore un peu plus l’importance de ces matières dans les
classes scientifiques : après avoir parqué les « élites » loin des
lettres (autre force de l’identité française), voici maintenant que l’on
veut y supprimer ces matières. Chacun le sait et se n’est un mystère
pour personne : le poisson pourrit pas la tête !n
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