Prôner
la civilisation à Paris, cautionner la barbarie au Kosovo!
Lettre à Monsieur Nicolas Sarkozy,
Président de la République Française
par Komnen Becirovic
Monsieur le Président,
Autant j’ai
salué votre idée d’une politique de civilisation, ainsi que celle de la
religion en tant que le fondement sur lequel reposent les sociétés
humaines – qui avait été du reste l’une des idées maîtresses de Malraux
– autant j’ai été stupéfait par votre appel, lancé le 18 janvier dernier
devant le corps diplomatique, aux Etats de l’Union européenne d’être
unis et fermes dans la reconnaissance du Kosovo occupé par les Albanais
sous l’égide de l’Otan, en tant qu’Etat indépendant. Vous en faites même
une fatalité en répétant que cette issue est inéluctable et la seule
solution praticable.
Mais
savez-vous, Monsieur le Président, que vous cautionnez ainsi la plus
noire barbarie non seulement qui y règne depuis la conquête du Kosovo
par l’Otan en juin 1999 – deux cents cinquante mille Serbes chassés,
cent cinquante églises détruites – mais également celle qui y a sévi au
cours des ages et sous les régimes tyranniques précédents, turc féodal,
germano-italien fasciste et communiste titiste, les Albanais ayant
l’art, comme nul autre peuple, de se mettre toujours au service du plus
puissant. Leur proverbe forgé pour justifier leur conversion massive à
l’islam : « Là où est le glaive, là est la foi », en dit suffisamment.
La solution
serait, Monsieur le Président, d’abord de considérer la question du
Kosovo sous ses divers aspects, géographique, historique, culturel, bref
civilisationnel – et là vous seriez pleinement en accord avec vous-mêmes
– et non pas seulement sous son aspect démographique et faussement
idéologique, comme on l’a fait, hélas, toutes ces années. Ensuite, il
faudrait faire revenir un quart de million de réfugiés serbes dans la
province, leur restituer leurs biens usurpés par les Albanais et
reconstruire leurs temples profanés et détruits par ceux-là mêmes. On
pourrait ainsi commencer à rétablir l’équilibre ethnique de la province,
rompu à l’ombre de divers règnes esclavagistes, et réparer d’effrayantes
injustices commises à l’encontre des Serbes, afin que le Kosovo
redevienne ce qu’il avait été il y a de longs siècles, terre de
civilisation par excellence, et non pas de demeurer le trou noir de
l’Europe, ce qu’il est à présent. Et que, de plus, on se prépare à
légitimer !
Voici,
Monsieur le Président, une occasion de démontrer que votre projet de
civilisation, n’est pas du domaine de la simple rhétorique, mais qu’il
puisse bel et bien être traduit en œuvre. Le résultat en serait multiple
et considérable : tous les hommes de conscience à travers le monde vous
approuveraient, les Serbes vous en sauraient gré à jamais et vous leur
redonneriez la confiance perdue en la France, vous laveriez la France
de l’opprobre dont l’a couvert votre prédécesseur en la mettant au
service des terroristes kosovars contre une nation amie, enfin vous
réconcilieriez la Russie avec l’Occident sur la question immense du
Kosovo, qui dépasse de loin le contentieux serbo-albanais, fût-il
multiséculaire.
Il suffit
d’avoir de l’audace – et ce n’est certainement pas ce qui vous manque –
pour développer une telle action. En tout cas, veuillez trouver,
Monsieur le Président, dans ces lignes que je vous adresse, l’expression
de ma très haute considération. n
Paris, le 22
janvier 2008 Komnen Becirovic
Journaliste-écrivain serbo-français
originaire du
Monténégro
Komnen
Becirovic a publié en 2007 « Le Kossovo de l'absolu» aux éditions
de L'Âge d'Homme.
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