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Quelle
Europe demain?
par Henri, comte de
Paris, Duc de France
"Un ami m'a fait parvenir une carte
géographique semblable à celle que les
élèves des lycées de notre temps
étudiaient avec plaisir. Cette carte
représentait l'Europe tel un patch-work
multicolore.
Je pensais qu'il s'agissait d'une
reproduction des divisions datant du 10e
siècle, la France étant réduite à son
expression d'antan, comprise entre la
Loire et le Rhin, encore que l'Alsace,
la Lorraine et la Bretagne fussent d'une
autre couleur.
En lisant plus attentivement je me suis
rendu compte que cette carte était
récente. Elle a été éditée par des
Allemands et les bureaux de Bruxelles.
Elle peut se calquer sur les frontières
du Saint Empire Romain germanique du 10e
siècle ou encore sur celles prévues par
Bismarck et même par le 3e Reich.
Un vieux proverbe, bien connu des
Français dit qu'il faut diviser pour
régner.
Alors en regardant cette nouvelle donne
géographique de l'Europe, on est en
droit de se poser des questions. Qui
veut dominer et sur quelle Europe? Qui a
intérêt à morceler la vieille Europe? Et
dans le même temps quel est notre
véritable projet pour l'Europe de demain
?
Quelques rappels historiques ne sont pas
inutiles.
En 1783 fut signé à Versailles le traité
donnant vie aux Etats-Unis d'Amérique.
Le Roi Louis XVI et de nombreux membres
de la noblesse furent les artisans de
cette naissance.
Peu de temps plus tard Benjamin
Franklin, esprit brillant, grand ami de
Robespierre, de Danton et de Mirabeau
distille les idées nouvelles pesées et
pensées aux sources des loges de
Philadelphie.
Ainsi la liberté tout comme la
démocratie se construiront, mutilant la
France, clef de voûte de l'Europe, la
laissant exsangue - je ne saurais trop
vous recommander la lecture ou la
relecture d'un livre publié aux éditions
Perrin : Le coût de la révolution
Française par René Sédillot. Cet énarque
dont on ne peut remettre en cause ses
convictions républicaines, constate
néanmoins que la France continue de
payer le coût économique et social de la
révolution - Notre "ami" Benjamin
Franklin déclanchait ainsi le tonnerre
et l'éclair sur la vieille Europe.
Pour parachever la déstabilisation de ce
continent qui semblait lui faire de
l'ombre économiquement plus que
politiquement les Etats-Unis d'Amérique
se devaient de faire disparaître un
autre géant, future grande puissance, la
Sainte Russie. En obligeant le Tsar à se
doter d'une banque centrale puis en le
contraignant de s'engager dans la guerre
du Japon suivie de près par la première
guerre mondiale, les U.S.A ont précipité
la Russie vers l'abîme et la famille
impériale vers le martyre.
L'Europe pourtant continue de se
construire et de se structurer. Ne
pouvant s'opposer frontalement à ces
avancées modernes ou tentée par des
moyens plus subtils de miner sa
puissance. Ainsi lorsque le plan
Marshall est mis en oeuvre au lendemain
de la libération, on s'attaque, pour ce
qui concerne la France, à son
agriculture sous le prétexte de la
moderniser. On arase les plaines, on
supprime les haies et les chemins creux
et parfois même les ruisseaux… Puis on
glisse dans le texte cette "vision" dite
moderne un paragraphe concernant
l'obligation pour notre pays comme pour
d'autres d'ailleurs de consommer de la
"culture" américaine et de renoncer à la
sienne propre.
Pourtant l'Europe poursuit contre vents
et marées et nous nous battons pour
conserver ce que l'on appelle
l'exception Française, nous luttons pour
que la francophonie ne se réduise pas à
une peau de chagrin.
Il existe une très ancienne méthode pour
casser un bloc de marbre sans pour
autant l'émietter. Sans effort. On
pratique une petite brèche dans le bloc,
on y introduit un coin en bois puis on
mouille le bois. Ce dernier gonfle et
sépare le bloc selon la faille qui avait
été étudiée.
Pour notre Europe, la petite brèche fut
le Kosovo. Or depuis le 7 octobre 1571
c'est-à-dire depuis la victoire de
Lépante contre les Turcs, nous avons,
nous européens, repoussé l'Islam au sud
des Dardanelles.
C'est pourquoi les Américains ont
réintroduit cette épine dans notre flanc
et en plus ils veulent y enfoncer le
coin de bois représenté par la Turquie.
Cela risque de faire exploser l'Europe
d'ici à vingt-cinq ans.
La Turquie, puissance islamique n'aura
jamais un régime démocratique tel que
nous pouvons le pratiquer car pour tout
musulman la religion et la politique
sont étroitement imbriquées.
Regardez l'Algérie 40 ans après son
indépendance…
Par ailleurs tout bon musulman se doit
de "posséder" quatre femmes. Le taux de
croissance de la population est donc
exponentiel tandis que nos démocraties
monogames s'essoufflent sur ce rapport…
Mathématiquement, dans 25 ans, c'est
pour ainsi dire demain, la Turquie en
Europe sera le pays le plus peuplé. Elle
détiendra les leviers de commande
politique, puisqu'elle sera considérée
comme une démocratie et elle commandera
à la plus forte armée. Et vous mesdames
dans vingt-cinq ans vous devrez porter
le voile dans la rue.
C'est pourquoi je pense qu'il serait
nécessaire d'envisager d'ores et déjà,
de préparer des accords préférentiels, à
durée limitée mais reconductibles, avec
les Turcs de même qu'avec les pays
d'Afrique du nord, sans chercher à les
intégrer dans notre continent.
Alors qu'elle Europe désirons-nous
construire ?
L'Europe doit devenir une réalité mais
pas à n'importe quel prix ni n'importe
comment.
Jusqu'à présent, pour beaucoup, l'Europe
est un terrain de jeu économique dans
lequel on nous annonce que demain il n'y
aura pas de chômage et que chacun sera
heureux, oui, demain on rase gratis...
Cet angélisme économique, social et
politiquement correct ne se heurte-t-il
pas déjà à la réalité ?
Arrêtons de vouloir nous faire prendre
des vessies pour des lanternes et
essayons de construire l'Europe celle
des êtres humains que nous sommes,
forgés par notre culture plus que
millénaire.
Certes le monde actuel doit faire face à
un risque global, vache folle, dioxine,
sida, OGM, AZF, 11 septembre, sang
contaminé, nucléaire, Atocha… Comment
réorganiser notre société ? Peut-on
avoir en même temps le beurre et
l'argent du beurre et le sourire de la
crémière ? Nos sociétés sont devenues
des manufactures du risque et nous
sommes déjà entrés dans une société
post-industrielle au-delà de laquelle il
faudra établir de nouveaux rapports, de
nouveaux contrats sociaux, entre la
science et la société, entre les médias
et la société, et une place libre pour
une justice éprise d'éthique.
La globalité du risque ajouté au
terrorisme n'ont-ils pas mis fin au
néolibéralisme ? Si l'on conçoit la
nécessité du retour à un Etat fort, il
faut en contrepartie des contrepouvoirs
également forts, pour éviter toute
dictature fut-elle celle du prolétariat,
celle des petits juges ou celle du parti
unique.
Jean Jaurès avait écrit : "La vérité est
que partout où il y a des patries,
c'est-à-dire des groupes historiques
ayant conscience de leur continuité et
de leur unité, toute atteinte à la
liberté et à l'intégrité de ces patries
est un attentat contre la civilisation,
une rechute en barbarie".
Quelqu'un me disait récemment : "nous
sommes dans un retour à la barbarie mais
cette fois dépourvu de l'antique
innocence."
L'Europe des commissions bruxelloises,
l'Europe bureaucratique oublie
totalement l'Europe de l'humain. Les
agriculteurs, les marins-pêcheurs, les
routiers, les commerçants, les artistes
et artisans, les ouvriers ont besoin de
respirer la liberté, celle de travailler
et de gagner pour eux et pour leurs
familles, et nous les consommateurs nous
avons besoin d'eux.
Où se trouve donc cette Liberté
actuellement ?
Nous sommes dans le règne du
permis-défendu. Un jour on exigera que
l'homme porte la barbe comme le
prophète… et on boira plus de vin !
Non ce n'est pas cela dont les Français,
les Italiens ou les Portugais ont besoin
mais de pouvoir décider de leur vie
présente, de leur mode de vie et de leur
avenir.
Le jour où je lirai que le référendum
d'initiative populaire est inscrit dans
la Constitution, alors je serai rassuré
sur le degré de liberté accordé à notre
démocratie.
Sinon nous vivrons dans le royaume de la
manipulation et ce qui me paraît plus
grave, cela se fait tellement en douceur
que l'on ne s'en rend même pas compte.
Car à notre époque les gens ne
perçoivent pas le monde de la réalité,
ils vivent dans un monde virtuel avec de
l'argent électronique, et le monde
virtuel ne peut exprimer en rien le
monde réel. Lorsque l'on sait que ce
monde virtuel est manipulé comme un
théâtre d'ombres chinoises, alors nous
devons craindre que le totalitarisme de
l'ordre mondial ne s'infiltre partout.
C'est ainsi que la France risque de
subir l'Histoire pour ne pas vouloir la
faire."
n
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