Cercle Jeune France

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Les féodaux

à l'assaut de la France

 

par Pierre Hillard

 

 

 

 

 

L’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe gouvernementale sous les auspices de J.P Raffarin offre aux tenants de la régionalisation des ambitions inespérées. En effet, le Premier ministre, ancien président de l’ARF (l’Association des Régions de France), a toujours exalté la cause régionale au détriment de la cause nationale. Il faut bien comprendre que cet idéal est poursuivi aussi bien par les représentants du l’UMP (la contraction du mot donne lump, ce qui en allemand signifie : gredin, vaurien ... mauvais présage) que par le PS. Un simple coup d’œil sur l’équipe dirigeante de l’ARF, à l’époque de la présidence de J.P Raffarin, présente un 1er vice-président du nom de Michel Sapin (tout en étant ministre sous le gouvernement Jospin) ou encore un Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France. Cette connivence entre les deux grands pôles politiques permet l’élaboration de mesures en vue de régionaliser un territoire de moins en moins national. Ainsi, depuis une quinzaine de jours, le Landerneau politique est agité par une querelle qui, malheureusement, aura des conséquences pour tous les Français si elle aboutit à son terme : la réforme du scrutin, plus particulièrement sa régionalisation. L’objectif est simple. Il s’agit désormais d’élire un député français au Parlement européen non plus à partir du cadre national mais au niveau de la région. Ceci veut dire que désormais, un député européen sera l’élu de la Bretagne, de la Corse ou encore de l’Alsace. C’est tout simplement la perte de la référence nationale. Le principe se renforce encore plus avec la volonté d’élire le président de région à partir d’une liste régionale de la même manière qu’un maire dans sa commune. Cependant, ceci n’est pas vraiment une surprise. En effet, le gouvernement Raffarin ne fait que préparer la France à l’échéance de 2004 qui doit voir la naissance de la future constitution européenne. Cette dernière renferme en son sein le principe de régionalisation dans le cadre d’une Europe à structures fédérales. Le Premier Ministre ne fait que se “ dépêcher ” pour ajuster la France à ces futures normes. D’ailleurs, la charte de l’autonomie régionale (recommandation 34 - 1997 du Conseil de l’Europe, rapporteur : Peter Rabe) annonçait déjà ce qui semble être une découverte pour la plupart de nos hommes politiques. L’article 12 stipule avec netteté les éléments suivants : “ Les régions sont dotées d’une assemblée représentative et d’un organe exécutif (...), l’organe exécutif doit être responsable devant l’assemblée (élue au suffrage universel et direct) (...). Les membres composant l’assemblée représentative ou l’organe exécutif ne peuvent faire l’objet de mesures du pouvoir central portant atteinte au libre exercice des fonctions qui leur sont confiées, sauf dans le cadre d’une procédure judiciaire ”. C’est tout simplement la naissance de la féodalité, l’émergence de nouvelles baronnies comme au plus beau temps de l’an mil. Nous pouvons avoir une petite idée du type d’Europe qui nous attend en nous référant à la carte représentant l’Europe fédérale des régions de la Waffen-SS*. Il est vraiment ironique de se dire que le gouvernement Raffarin et les instances bruxelloises mettent à l’honneur - avec des méthodes évidemment différentes - une Europe prônée par un régime totalitaire. n

 

Pierre Hillard, “ Minorités et régionalismes, Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l’Europe ”, aux éditions François-Xavier de Guibert, 2002. L’Europe fédérale des régions de la Waffen-SS annexe 26 de l’ouvrage.