Cercle Jeune France

  Des Lettres, de l'Histoire, de la Politique de la France

                  "L'âme d'une nation ne se conserve pas sans un collège officiellement chargé de la garder."

                                                                                                                                      Ernest Renan

 

 

 

 

RETOUR ACCUEIL

 

 

ARCHIVES

Tribune 1 / Tribune 2      Tribune 3 / Tribune 4      Tribune 5 / Tribune 6      Tribune 7 / Tribune 8      Tribune 9 / Tribune 10     Tribune 11 / Tribune 12   Tribune 13 / Tribune 14   Tribune 15 / Tribune 16   Tribune 17 / Tribune 19   Tribune 20 / Tribune 21   Tribune 22 / Tribune 23   Tribune 24 / Tribune 25   Tribune 26 / Tribune 27   Tribune 28 / Tribune 29 Tribune 30 / Tribune 31 Tribune 32 / Tribune 33 Tribune 34 / Tribune 35

  

  

Si vous souhaitez vous inscrire à notre liste de diffusion, merci de nous le signaler par courriel.

 Accueil / Présentation / Notre équipe / Archives édito / Nous écrire / Liens

Un nouveau verrou fédéraliste

L'Académie de police européenne

 

par Pierre Hillard

 

 

 

           

 

Le lancement de la Convention, le 28 février 2002 par Valéry Giscard d'Estaing, est destiné à donner corps au projet européen. Cet Etat européen fédéral des régions à base ethnique prendra forme d'autant plus facilement que les articles 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux soulignent nettement le refus de toute discrimination, en particulier, des langues régionales et groupes ethniques. Mais l'européisation s'étend à tous les domaines. En effet, le cadre national étant déclaré obsolète, désormais tout doit passer sous le label européiste. Or, un domaine connaît une mutation particulièrement rapide, c'est la police. En effet, la logique veut que tout passe au cran supérieur. Les Allemands, dotés d'un esprit systématique, n'oublient pas qu'il faut établir une police adaptée au nouvel Etat européen. Après l'instauration de la BCE à l'image de la Bundesbank, après la mise en forme des textes européens comme les Chartes des langues régionales, de l'autonomie locale et régionale d'inspiration germanique, une nouvelle structure doit prendre forme pour la police. Comme le raconte avec beaucoup de franchise le site internet du ministère de l'Intérieur allemand, c'est à l'initiative déterminante de l'Allemagne que le Conseil de l'Europe a adopté lors d'une session les 15 et 16 octobre 1999 à Tampere la conclusion n°47 qui stipule ceci : " Une académie européenne de police en faveur de la formation d'individus de haut rang au sein des autorités pénales doit être mis en place. Ceci doit être considéré comme un réseau réunissant les centres de formation nationaux déjà existants. Elle (l'académie de police) devra aussi être ouverte aux représentants des pays soucieux d'adhérer ". Ainsi, c'est sous l'abréviation de CEPOL (College European Police) qu'un premier centre a vu le jour à Essen. C'est le secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur de la République fédérale d'Allemagne, Fritz Rudolf Körper, qui a ouvert le bal devant les représentants de onze pays de l'Union, dont la France. Les propos tenus par le représentant d'outre-Rhin sont de la plus pure langue de bois. Cette police européenne doit promouvoir une meilleure compréhension entre les hommes des différents Etats de l'UE afin de prévenir les crises et de permettre la défense des droits de l'homme. En tout cas, derrière ces formules creuses propres à agiter le peuple avant de s'en servir, selon l'heureuse formule de Talleyrand, les objectifs du CEPOL s'articulent autour de trois axes : préparation des participants aux diverses missions de commandement dans des domaines d'intervention au sein d'équipes de police multinationales, transmission de connaissances politiques et juridiques et développement des capacités de commandement, de communication et de négociation. Actuellement, les premiers pas du CEPOL se concentrent dans la mise en forme de forces d'intervention dans la gestion de crises civiles. Le tout se traduit par une première mouture comptant 3600 policiers pour des missions communes, chiffre qui doit atteindre les 5000 personnes à la fin de l'année 2003. L'Allemagne, après avoir lancé le mouvement, doit étendre ces mesures à différents pays comme la France, l'Espagne ou le Danemark qui, à leur tour, assureront des cours au sein de modules désignés sous le terme anglais de Leading Colleges. Comme on peut le constater, le caractère national des Etats participants se diluent encore plus dans le magma européen. Tout se fait au nom de l'Europe et pour l'Europe. La France perd encore plus de son identité. Il est vrai que certains représentants d'outre-Rhin ne se gênent pas pour le dire. Ainsi, le professeur d'université en charge des relations franco-allemandes au sein du gouvernement Schröder n'a pas hésité à affirmer - sans s'attirer les foudres du gouvernement français - qu'il fallait " défaire un peu la France pour faire l'Europe ". Natürlich. n