L'abbé
de Genoude
Un royaliste franc
tireur
par Daniel de
Montplaisir
Les serviteurs du roi et
de la royauté, du temps de la Restauration comme pendant les régimes qui
se sont bousculés après sa chute, font, pour beaucoup, partie des
oubliés de l’Histoire. La république et les ouvrages d’enseignement
public se sont attachés à gommer les noms de ceux qui ne pensaient pas
et n’agissaient pas selon un certain sens de l’histoire, défini a
posteriori par la doctrine officielle. Ainsi de grands hommes d’Etat,
comme le duc de Richelieu, dont nous reparlerons, ont été quasiment
éliminés de la mémoire collective. D’autres, hommes de réflexion et de
plume, ont, pour les mêmes raisons, subi un sort identique. Tel est
notamment le cas d’Eugène Genoud, plus connu - si l’on peut dire- sous
le nom d’abbé de Genoude. Sa contribution, d’une part, à l’histoire
religieuse et des saintes Ecritures, d’autre part, à la pensée politique
du XIXème siècle, fut cependant de tout premier ordre. Elle éclaire les
convulsions idéologiques de son époque, elle participe à la vulgate de
la démocratie libérale, point ultime à ce jour de l’évolution de nos
institutions. Inspirateur du mouvement de la Jeune France qui
essaya, après 1830, de moderniser les conceptions monarchiques afin
qu’elles marchent avec leur temps au lieu de le subir, nul mieux que lui
ne pouvait donc inaugurer cette série de portraits pour le Cercle
Jeune France.
Antoine-Eugène Genoud
naquit le 9 février 1792 à Montélimar (alors dans la province du
Dauphiné) mais vécut toute son enfance à Grenoble. Au collège de la
ville, il se distingua très jeune par son goût passionné de l’étude et
sa gigantesque capacité de travail. Il y fit la connaissance de
Jean-François Champollion, du même âge que lui. Ensemble, ils prirent
l’initiative d’étudier l’hébreu, dont ils devinrent, en peu d’années,
les deux meilleurs spécialistes français. Féru d’histoire sainte, Eugène
était paradoxalement dépourvu de foi chrétienne. Seule la recherche
historique et scientifique l’intéressait, comprenant déjà ce que la
seconde pouvait apporter à la première.
Adolescent, Eugène vécut
l’apogée du premier Empire. Comme l’ont notamment montré Mme de Staël et
Chateaubriand, la philosophie matérialiste constituait alors ce que les
marxistes appelleraient plus tard l’idéologie dominante. « Les hommes
géométriques qui avaient alors seuls la parole, écrit Edmond de Biré,
souriaient dédaigneusement quand on prononçaient encore les mots :
enthousiasme, religion, liberté, poésie. Calcul et force tout était là
pour eux. La religion était morte, en eux et autour d’eux. Le calcul
seul était permis, honoré, protégé, payé. » Réfractaire au
conformisme et à la pensée unique de son temps, Eugène Genoud prête, du
coup, davantage d’intérêt à ces valeurs démodées. Au cours de ses
promenades solitaires dans le massif de la Grande Chartreuse, qu’il
relatera plus tard dans un style évoquant Rousseau et Lamartine,
il se pénètre de la puissance de Dieu en contemplant celle des
montagnes. Cherchant à concilier raisonnement et émotion, il trouve dans
les écrits de Voltaire une mine de réflexions, surtout dans les
arguments du philosophe en faveur de l’existence de Dieu et de
l’immortalité de l’âme.
A la fin de sa classe de
rhétorique, en 1809, il s’inscrit à l’école de droit de Grenoble et
poursuit, dans la nature, ses longues méditations entrecoupées de
lectures. Il dévore alors les œuvres de Jean-Jacques Rousseau, dont les
passages consacrés à Jésus-Christ l’impressionnent profondément. Il en
conclut que la religion chrétienne doit se libérer du dogmatisme et
mérite d’être discutée. Il prend donc la résolution, à dix-sept ans, de
vouer toute sa vie à la seule grande question qui vaille à ses yeux :
savoir qui était Jésus-Christ, homme, envoyé de Dieu ou Dieu lui-même.
Pour cela, il commence par le commencement, c’est-à-dire par une lecture
méticuleuse de la Bible, qui lui apporte les révélations auxquelles il
aspirait : « La Bible me mettait en communication avec Dieu lui-même.
Elle me manifestait son amour. » Mais il regrette que les
traductions existantes des Ecritures ne rendent pas suffisamment compte
de leur caractère poétique. En revanche, celui-ci ressort pleinement du
Génie du Christianisme que Chateaubriand a publié en 1802.
Enthousiasmé par cette oeuvre, dont il connaît par coeur de longs
passages, et désireux de suivre son sillon, Eugène se promet « de
traduire les Livres saints et de consacrer à ce travail tout le
sentiment poétique qui était en [lui]. » Il débute avec le
livre de Job et envoie copie de ses premiers travaux à Louis de
Fontanes, alors grand maître de l'Université et créateur des lycées,
dont il lie régulièrement les articles publiés dans Le Mercure de
France. Fontanes lui répond et l'encourage à poursuivre son travail.
Il n'en faut pas plus à Eugène pour décider, en mars 1810, de « monter à
Paris », avec le modeste soutien financier de ses parents. Il arrive
dans la capitale au beau milieu des fêtes célébrant le mariage de
Napoléon avec Marie-Louise. Au même moment, paraît un décret impérial
(du 3 mars 1810) ouvrant de nouvelles prisons pour détenus « qu'il ne
serait point convenable de traduire devant les tribunaux. » Eugène de se
demander aussitôt pourquoi avoir renversé la Bastille si l'on rétablit
les lettres de cachet et avoir guillotiné Marie-Antoinette pour ramener
sur le trône une autre archiduchesse d'Autriche. Il ne trouve
décidemment au système napoléonien ni souffle, ni grandeur ni espérance,
à l'inverse de ce que la propagande officielle diffuse alors à grands
flots.
Eugène suit les cours du
Collège de France où il fait la connaissance de l'abbé Paul-Emile
Teysserre, un des esprits les plus brillants de son époque, lui aussi
passé à la trappe de la mémoire officielle. Professeur à l'école
polytechnique puis au séminaire de Saint-Sulpice, Teysserre est un
pédagogue du christianisme qui passe son temps à convertir, avec
beaucoup de succès, les esprits scientifiques à la foi catholique. Il se
prend d'amitié pour Eugène, qu'il place sous sa protection morale, lui
découvre la confession et lui donne sa première Communion. En 1812,
Eugène est à bout de ressources. Mais Fontanes ne l'a pas oublié. Séduit
par les capacités intellectuelles du jeune homme et par son acharnement
au travail, il le fait entrer au lycée Bonaparte (aujourd'hui Condorcet)
comme professeur en classe de sixième et le présente à son ami
Chateaubriand dont il a obtenu de l'Empereur le retour d'exil.
Ce dernier, comme Teysserre, encourage Eugène dans son projet de
traduction de l'ensemble de la Bible. En 1813, pourrait ainsi paraître
la traduction des prophéties d'Isaïe mais la voilà frappée par la
censure impériale : comment ne pas remarquer les analogies entre le roi
de Babylone, Assur, et Napoléon au lendemain de la retraite de Russie ?
Le texte sera finalement publié en 1815 après la chute de l'Empire. Les
traductions des autres parties de la Bible sont ensuite régulièrement
publiées au fur et à mesure que Genoud les réalise. L'ensemble est
achevé en 1824 et s'attire un jugement très favorable de Lamartine,
alors auréolé du succès populaire de ses Méditations poétiques
: « M. Genoud est le premier qui ait fait passer dans la langue
française la sublime poésie des Hébreux. » L'ouvrage est édité aux frais
de l'Etat et constitue, encore de nos jours, un apport de premier plan à
la connaissance de la Bible.
Entre temps, toujours avec
l'aide de Chateaubriand, Eugène s'est frotté au journalisme en écrivant
dans Le Conservateur. Ce journal hebdomadaire, fondé par le
vicomte en 1818 et qui ne parut que dix-huit mois, marqua néanmoins avec
force son temps et le monde des idées. On y évoquait toutes sortes de
sujets, religieux, littéraires, historiques et politiques. Eugène
s'essaye à chacune de ses disciplines et y fait preuve d'un talent
d'implacable dialecticien. Ecrivant aussi des critiques sur la poésie,
il devient l'ami de Lamartine, chacun des deux hommes faisant l'éloge
des travaux de l'autre. Ils ont le même âge et bientôt développent une
collaboration autant intellectuelle que matérielle. Lamartine n'entend
rien aux questions pratiques et à l'argent. Genoud l'aide à gérer ses
biens et à faire éditer ses ouvrages. Il devient pour lui une sorte
d'intendant.
En février 1821, Eugène a
épousé Léontine de Fleury, apparentée à La Fontaine et à Racine,
rencontrée lors d'un voyage en Vendée, dont il publie le récit.
Grâce à elle, à son argent et aux relations de sa famille, il
achète le journal L'Etoile dans lequel il soutient l'action du
gouvernement Villèle et reçoit l'année suivante, de Louis XVIII,
une pension et des lettres de noblesse. Il se fait désormais appeler
Eugène de Genoude. En 1827, il prend la direction de La Gazette de
France, dans laquelle il intègre L'Etoile. Le nouveau journal
défend méthodiquement la cause de la monarchie légitime et de la
religion traditionnelle. Genoude semble alors revêtir, sans grande
originalité, les habits d'un publiciste conservateur, dévoué au trône et
à l'autel, sur lequel il n'y aurait que peu de choses à dire si Charles
X n'avait, le 4 janvier 1828, remplacé Villèle par Martignac afin de
tenter un compromis avec la nouvelle majorité parlementaire. Et si le
directeur de La Gazette de France, que les écrits politiques de
jeunesse auraient dû rapprocher de Martignac, n'avait choisi, bien au
contraire, de s'opposer à la politique de celui-ci avant d'effectuer
une nouvelle volte-face.
***
A
la différence de son parcours religieux, atypique mais rectiligne, le
parcours politique de Genoude est malaisé à suivre, accumulant les
contradictions. Il avait publié, en 1814, des Réflexions sur
quelques questions politiques où, à l'instar de Chateaubriand mais
allant plus loin que lui, il critiquait assez sévèrement la notion d'octroi
de la Charte et exprimait le voeu que la monarchie s'appuyât plutôt sur
un « pacte librement consenti », exposant que « Du peuple dérive la loi
puisque son intérêt doit la former. La liberté ne peut jamais être
l'effet que de lois justes. Le roi lui-même est soumis à cet ordre
suprême. » Croyant cependant au sincère mariage de la liberté et de la
royauté que lui paraissait garantir Louis XVIII, Genoude quitta la
France durant les Cent-Jours pour se mettre, à Chambéry, au service de
Jules de Polignac. Mais, à son retour à Paris, c'est aux questions
religieuses qu'il consacra l'essentiel de son activité intellectuelle.
Ses articles dans Le Conservateur puis dans Le Défenseur
qui lui succéda en 1820 devinrent de plus en plus conformistes. Son
soutien à Villèle ne souffrit guère de nuances. Genoude se « droitisait »
et se droitisa même d'une façon radicale par son opposition systématique
et virulente à toutes les réformes voulues par Martignac. Ainsi la loi
du 2 juillet 1828 qui favorisait le pluralisme dans les élections
fut-elle regardée comme « le recrutement
à perpétuité
de la milice des révolutions. » Les attaques incessantes contre « le
ministère concessionnaire », combinées avec la méfiance de Charles X à
son égard contribuèrent à sa chute en août 1829. Genoude tenta alors
d'influer sur la composition du nouveau cabinet mais, n'y étant pas
parvenu, critiqua l'action de Polignac avec des arguments inverses de
ceux qu'il avait brandis contre Martignac. Il renoua avec les idéaux de
liberté de sa jeunesse, écrivant dans La Gazette de France
quelques jours seulement avant l'adoption des ordonnances de juillet
1830 dont on pressentait le caractère autoritaire : « Les libertés
publiques sont un fait primitif [premier] parmi nous, et un fait
primitif est un droit. La tactique de la faction qui veut renverser la
dynastie est de pousser les royalistes dans la fausse voie des
exagérations et des coups d'Etat ; la nôtre est de nous rallier
franchement à la monarchie représentative. Il faut bien qu'on le sache,
la Charte n'a fait que traduire, dans la langue du jour, les anciennes
constitutions de la monarchie. C'était un droit des peuples d'être
consultés. Les malheurs du royaume prirent naissance dans la désuétude
de ce droit. Elle affaiblit le trône en diminuant sa popularité. »
Dès lors,
Genoude ne varie plus et approfondit sa thèse visant à concilier le
droit divin du monarque et le suffrage universel. La révolution de
juillet 1830 conforte son analyse. Il est de ceux, bien rares sur le
moment, qui estiment que si Charles X avait alors fait appel à son
peuple par la voie des urnes, l'émeute bourgeoise et parisienne aurait
tourné court et les Français auraient, massivement, soutenu leur roi. Du
régime de Louis-Philippe, il constate donc la double illégitimité : « Ce
n'est point par le droit de sa naissance qu'il arrive au trône. Ce n'est
pas non plus par le suffrage constaté du peuple. Des députés, élus sans
mandat pour ôter ou décerner la couronne, l'ont salué d'un titre qu'ils
pouvaient tout aussi valablement accorder à tout autre. Ici la
légitimité héréditaire est écartée, la légitimité de la nation n'est
comptée pour rien. » Ces prises de position valent à Genoude et à son
journal de nombreux procès intentés par le Gouvernement, parfois
sanctionnés par des interdictions de paraître et des peines de prison.
Mais il persiste. Le Courrier français, organe philippiste, se
fait un plaisir de relever ses changements successifs d'opinion et le
met en demeure de formuler nettement ses aspirations. Ce qu'il fait dans
un numéro spécial de La Gazette de France dans lequel il plaide
en faveur de la périodicité des Etats généraux, de la création d'une
Chambre haute non héréditaire, de la gratuité des services publics, de
la libre administration des communes, de la répartition des impôts par
des assemblées provinciales et départementales de la liberté
d'association et de l'enseignement.
Les thèmes
ainsi développés reprennent largement la thèse exposée en 1484 lors de
la réunion des Etats généraux à Tours, par le légiste Philippe Pot pour
le compte de la fille de Louis XI, Anne de Beaujeu. Ce n'est ni plus ni
moins que l'invention de la notion de souveraineté nationale, laquelle
ne contrevient en rien au droit royal, qu'au contraire elle complète et
étaye, prolongeant la formule de Louis XI : « nous autres, monarques, ne
sommes que des officiers de la Couronne. » A cette époque, la
représentation de la nation n'est envisagée qu’à travers les états, sans
qu'on se préoccupe de la façon dont sont élus ses délégués. Genoude y
ajoute l'exigence du suffrage universel, qui devient son principal
combat après 1830.
Ces idées
séduisent une partie des légitimistes, déboussolés depuis le départ en
exil de Charles X et de sa famille puis par l'échec de la duchesse de
Berry dans sa tentative de soulèvement de la Vendée. Estimant qu’en face
de la monarchie bâtarde de Louis-Philippe, il faut revenir aux principes
fondamentaux du royaume chrétien et refonder le pacte qui lie le roi et
ses peuples dans ce qu' Ernest Renan appellera plus tard « un plébiscite
de tous les jours. » de jeunes royalistes se mobilisent. Parmi eux,
Alfred Nettement, journaliste collaborant à La Gazette de France,
créé une nouvelle publication, L'Echo de la Jeune France. Avec le
vicomte Edouard Walsh, directeur du journal La Mode, il fonde un
cercle de réflexions royalistes, la Société de la Jeune France.
En 1833, elle compte 3250 membres et poursuit un grand dessein : porter
au trône le jeune Henri V, petit-fils de Charles X, en faveur de qui
celui-ci a abdiqué en vain en août 1830. Né en 1820, le jeune prince
pourrait, selon eux, incarner le renouveau monarchique à la condition
que son éducation soit achevée non par les vieux courtisans qui se
pressent autour de lui à Prague mais par des hommes d'avenir, résolus à
oublier la culture de la Contre-révolution et décidés à reprendre
l'oeuvre de réforme engagée en 1789 et brisée par la Terreur. La
Jeune France entend mettre ses pas dans ceux de Chateaubriand
quand il plaide en faveur de la liberté de la presse et, d'une façon
générale, des libertés publiques. Elle parvient à envoyer à Prague le
marquis Amand d'Hautpoul comme gouverneur d'Henri. Pour la majorité
royale de celui-ci, le 29 septembre 1833, Walsh organise le déplacement
en Bohême d'environ 400 partisans qui viennent reconnaître Henri V en
dépit des réticences du gouvernement autrichien et de la méfiance de
Charles X à leur égard.
Genoude n'est
pas du voyage : ses idées ont inspiré la Jeune France mais le
mouvement lui échappe. S'il continue de défendre ses convictions
politiques, il caresse l'idée d’entrer dans les ordres et s'y décide en
1835 après la mort de son épouse. Devenu l'abbé de Genoude, il retourne
avec acharnement à ses travaux religieux, publiant sans discontinuer :
Raison du christianisme ou preuves de la religion tirées des écrits
des plus grands hommes (1835), La vie de Jésus-Christ et des
Apôtres tirée des saints Evangiles (1836), Leçons et modèles de
de littérature sacrée (1837), Exposition du dogme catholique
(1840), Défense du christianisme par les pères (1842), La
divinité de Jésus-Christ annoncée par les prophètes (1842), Les
pères des trois premiers siècles (1837-1843).
Cependant,
l’engagement politique le taraude encore. Il publie en 1838 La Raison
monarchique, ouvrage de synthèse doctrinale dans laquelle il expose
l'ensemble de ses conceptions, réclamant toujours l'alliance du trône et
des urnes puis, en 1842, Lettres sur l'Angleterre, dans
lesquelles il décortique le système politique britannique afin d'en
extraire les éléments transposables en France afin d'atteindre à cet
idéal de monarchie divine et représentative. Après quelques approches et
tentatives infructueuses, il parvient, le 1er août 1846, à se faire
élire député de la Haute-Garonne. Siégeant à droite, avec les
légitimistes, il n'est cependant pas considéré par eux comme un des
leurs. Ses discours en faveur de la réforme électorale, que le
gouvernement de Guizot s'obstine à refuser, le rapprochent plutôt de la
gauche de la France. Genoude s'irrite contre l'incurable cécité des
royalistes qui, au lieu d’appuyer le trône sur le peuple, continuent de
se méfier de celui-ci. A ses yeux, il s'agit d'un effroyable contresens
qui finira par condamner la monarchie. La suite des évènements lui
donnera raison.
Sa position
originale le rend suspect à droite comme à gauche et il échoue aux
élections de 1848 à l'Assemblée constituante.
Il meurt à
Hyères, le 19 avril 1849, lors de l'un de ces voyages méditatifs qu'il
affectionnait tant et où il trouvait le courage de poursuivre son
difficile combat idéologique. Lorsque les royalistes comprendront enfin
– mais l'ont-ils jamais vraiment compris – que le trône ne vaut que par
l'adhésion du peuple et non par le soutien, conditionnel et précaire, de
quelque oligarchie conservatrice, il sera trop tard.
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