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Autopsie
d'un crime:
la reconnaissance du Kosovo
Lette ouverte à M.
Nicolas Sarkozy, président de la République
Par Jean-Michel
Bérard
Chroniqueur
au mensuel B.I. Balkans-Infos
Membre de l’association Vérité et Justice
Le 17 février dernier, la
province serbe du Kosovo-Métochie a proclamé unilatéralement son
indépendance. La France, oublieuse tant de ses valeurs de justice et de
droit, que de ses intérêts géopolitiques et stratégiques, a été, pour
son plus grand déshonneur, le premier pays à reconnaître cet Etat
fantoche.
Cette reconnaissance dont vous êtes l’inspirateur est un acte
profondément anti-français. Par la politique du fait accompli et de la
destruction méthodique, consciente, du droit international, elle
consacre de surcroît la fin de l’ONU.
Le nazisme avait tué la SDN, la trahison
française a tué l’ONU. (1) Quelle honte pour notre pays, que de
s’afficher dans une telle lignée ! Paris renie ainsi tous ses
principes : l’intégrité territoriale des Etats est l’essence même de la
Charte de l’ONU et la base du droit international depuis 1945. L’Acte
final d’Helsinki de 1975 proclame l’intangibilité des frontières des
Etats européens. La Convention de Vienne de 1980 interdit le recours à
la coercition, au chantage ou à la force pour obliger un Etat à signer
un traité. La résolution 1244 des Nations-Unies réaffirme la
souveraineté de la Serbie sur la province du Kosovo-Métochie. Dans son
article 5, notre propre Constitution, loi fondamentale, fait du Chef de
l’Etat que vous incarnez, le garant du respect de ces textes
internationaux.
Jamais, au grand jamais, l’on a ainsi déchiré autant de traités, renié
tant de fois nos propres signatures, nous affranchissant de nos
obligations, de nos devoirs.
C’est un acte anti-français parce que l’ONU, malgré ses faiblesses,
ses imperfections, représentait non seulement la légalité internationale
que vous foulez aux pieds, mais surtout nous octroyait le statut de
puissance politique mondiale, comme membre permanent du Conseil de
Sécurité disposant d’un droit de veto. C’est cette position seule
qui a permis à la France de faire entendre sa voix, son originalité sur
la scène mondiale. C’est cette position seule qui nous a permis de peser
face à l’hyperpuissance américaine qui voulait nous entraîner contre
notre gré dans le bourbier irakien. C’est cette position seule qui peut
contrebalancer politiquement et nous permettre de dialoguer, d’égal à
égal, avec la Russie ou la Chine. Sans l’ONU, sans la capacité de dire
le droit, de pouvoir dire non et de peser sur les événements, la France
n’est plus qu’un pays de second ordre, que l’on ne prendra même plus la
peine de consulter. Si l’on se fourvoie dans la jungle où la force fait
loi, nous ne pourrons en sortir vainqueur.
C’est un acte anti-français parce qu’il couronne le triomphe de l’ethnicisme,
au détriment de la notion française de citoyenneté. Partout dans
l’ancienne Yougoslavie, nous sommes intervenus au nom du
multiculturalisme, et pourtant à chaque fois, en Croatie, en
Bosnie-Herzégovine et maintenant au Kosovo-Métochie, l’on a consacré de
nouveaux Etats indépendants ethniquement purifiés. En se faisant la
championne de la conception allemande du droit du sang plutôt que de
celui du sol, la France se manque à elle-même et livre une Europe
morcelée à une puissante Allemagne unifiée. « Nous sommes, par
tradition et presque malgré nous, les tenants d’un universalisme
abstrait qui, sans ignorer les diversités ethniques, s’attache plutôt à
l’homme de tous les temps et de tous les pays. Les Allemands défendent,
eux, un universalisme de composition qui leur assurerait, par
l’irradiation même de leur puissance, la domination sur la périphérie
européenne », a écrit Edmond Vermeil dans un ouvrage paru en 1940
pendant la drôle de guerre et de ce fait, mutilé par la censure (2).
Comment mieux dire en effet, que la protection des minorités
ethniques, si présente dans la Constitution européenne que le peuple
français a courageusement repoussé par la grande porte référendaire,
mais qui nous est revenue sournoisement par la fenêtre parlementaire,
est une notion totalement étrangère à la conception républicaine qui est
la nôtre depuis 1789 ? Enfin, vous comprendrez que les Serbes du Kosovo,
devenus « minorité ethnique » dans leur propre pays, ne croient plus
guère aux garanties de la Grande Europe de « protection des minorités »,
depuis que lors des pogroms de mars 2004, ses soldats, notamment
français, sont restés l’arme au pied. Ce triomphe de l’ethnie sur la
nation me fait horreur.
C’est un acte anti-français car il détourne de nous nos meilleurs
amis d’Europe centrale et du Sud-Est. L’Espagne mise à part, tous
les pays hostiles à la reconnaissance d’un Kosovo-Métochie indépendant
sont des pays d’Europe centrale et du Sud-Est. Un simple regard sur une
carte montre qu’une fracture s’est dessinée en Europe. L’alliance
contre-nature de Paris avec un Kosovo albanais détruit nos alliances
naturelles. Vous vous êtes rendu récemment à Bucarest. Sans doute
avez-vous aperçu le monumental lion statufié, face au palais
présidentiel de Cotroceni, au pied duquel le soldat roumain est doté
d’un uniforme de poilu français… Si vous aviez poursuivi votre visite
par le parc Cismigiu, auriez-vous pu y voir un autre monument, dédié à
l’armée française libératrice. La Roumanie, comme la Serbie, a fait
preuve d’un héroïsme extraordinaire aux côtés de notre pays dans le
premier conflit mondial. Après guerre, sous l’impulsion de Nicolae
Titulescu, président de la SDN, elle a joué un rôle considérable de
promotion de la paix en Europe, et comme pierre angulaire du système
défensif français, qui prenait l’Allemagne à revers et isolait l’Union
soviétique. L’alliance des pays d’Europe centrale et du Sud-Est est
d’autant plus ferme que la France est fidèle à ses valeurs. A l’inverse,
c’est l’abandon français qui l’a poussé à se chercher d’autres
alliances, funestes celles-là. Ainsi en est-il lorsque le pôle
d’attraction devient pôle de répulsion. De même un pacte franco-albanais
est-il incompatible avec le maintien d’un partenariat stratégique avec
Bucarest. La Roumanie est elle-même tenaillée par un irrédentisme
hongrois et sicule en Transylvanie, et accorder des droits collectifs à
une minorité, comme la France le fait avec les Albanais de Serbie, est
un acte indéfendable en Roumanie. C’est grande tristesse, que le Quai
d’Orsay ne puisse comprendre cela. De la même manière, la Serbie
possède, en plein cœur de Belgrade, un monument, non à l’armée
française, mais à la France en tant que telle. Non au poilu, mais à
Marianne. Dans nulle autre capitale au monde vous ne trouverez semblable
témoignage de reconnaissance. Faut-il que la France ait un gouvernement
si ennemi d’elle-même pour qu’elle compromette pareil capital d’amitié,
et de sécurité.
C’est un acte anti-français car l’effet domino que notre pays a
cautionné pourrait fort bien se retourner contre lui.
L’indépendance du Kosovo ne représentera
pas un précédent dans le droit international, entend-on partout. De qui
se moque-t-on ? L’on ne conçoit guère un droit international que sur le
plan universel. Que serait un droit international qui s’appliquerait
uniquement au Kosovo-Métochie ?
« Si les dirigeants occidentaux continuent de se laisser ainsi guider
par la lâcheté et l’égoïsme, s’ils persistent à faire des promesses
qu’ils savent intenables, un nouveau droit international se mettra
inexorablement en place, dont ils seront un jour, eux aussi, les
victimes :
- le droit de rectifier les frontières et de déplacer les populations
par la force ;
- le droit d’être reconnu comme interlocuteur valable en violant,
massacrant, torturant ;
- le droit de ridiculiser les organisations internationales en leur
faisant décider une politique dont elles n’ont pas les moyens. (…)
Ailleurs, (…) les riches se sentiront libres de se débarrasser des
pauvres, sous des prétextes ethniques ou politiques. On reconnaîtra
comme une nation quiconque se déclarera telle »,
écrivait Jacques Attali dans le journal Le Monde, voici treize
ans (3). Certes, le tropisme anti-serbe de cet intellectuel ruine toute
crédibilité de son analyse du drame yougoslave et ne démontre qu’une
seule chose : une méconnaissance profonde de ce pays, des tenants et des
aboutissants de son éclatement. Mais force est de constater que sa
vision à terme des conséquences du cynisme des démocraties occidentales
sur le droit international était largement prémonitoire.
C’est un acte
anti-français car il consacre le terrorisme comme moyen légitime pour
parvenir à ses fins politiques. Dois-je vous rappeler que le Premier
Ministre de l’Etat fantoche du Kosovo, Hashim Thaçi, est un ancien
commandant de l’UCK, une bande d’assassins que la Maison Blanche avait
classé comme terroriste en 1998, pour mieux
la
courtiser moins d’un an plus tard ? Un individu ne devient-il
fréquentable qu’à la mesure de son racisme anti-serbe ? Hashim Thaçi
avait pour nom de guerre : le serpent. Tout est dit. Ce galonné
du crime a les états de service d’un chacal. Ses cibles préférées ? Les
policiers serbes du Ministère de l’intérieur, qui défendaient
l’intégrité territoriale de la Serbie, un droit à l’autodéfense que l’on
ne concède qu’à Israël et à la Turquie. Depuis 1999, les soldats de la
KFOR remplacent ces policiers. Avec la crainte de se retrouver dans
l’inconfortable position de leurs prédécesseurs serbes, perçus comme une
armée d’occupation étrangère. Ils l’ont déjà été. Ils le seront encore.
Du sang qui sera versé alors, vous en serez comptable, M. le Président.
Hashim Thaçi
L’organisation terroriste basque ETA s’est réjouie bruyamment de la
reconnaissance par Paris de l’indépendance du Kosovo-Métochie. Ne vous
semble-t-il pas insupportable de voir notre pays en si mauvaise
compagnie ? N’y a-t-il pas contradiction entre les valeurs
ethnocentriques des assassins de l’ETA dont on perçoit bien la
communauté d’intérêts avec les Albanais du Kosovo, et la position
française fourvoyée loin de la tradition de citoyenneté qu’elle défend
depuis la Révolution de 1789 ?
C’est un acte anti-français car il ne sert que les intérêts
américains et ruinent ceux de notre pays. Dans un article paru fin
janvier, le quotidien slovène Dnevnik a publié un document
interne du gouvernement américain dans lequel celui-ci indiquait les
directives de Washington, notamment sur la question du Kosovo, au pays
qui allait prendre la Présidence de l’Union européenne pour six mois.
L’UE aux ordres de Washington ? Notre politique étrangère subordonnée
aux diktats de l’OTAN ? Certes, je n’attendais rien de l’actuel
locataire du Quai d’Orsay, encombré, comme à l’accoutumée, de ses
affreuses certitudes, du contentement du Pharisien. Mais de vous, M. le
Président, qui venez d’inaugurer l’historial de Charles De Gaulle, du
moins espérais-je quelque pâle héritage du grand homme. Se pourrait-il
que les Français, qui pensaient avoir placé un lion à l’Elysée, y
découvrissent soudain un mouton ?
Pourquoi ne pas révéler au public français l’importance stratégique du
Kosovo-Métochie pour Washington, qui y a implanté l’une de ses plus
grandes bases militaires au monde, Camp Bondsteel ? Pourquoi
n’évoquez-vous pas le projet de corridor énergétique AMBO, l’un des buts
de guerre avoués de la Maison Blanche, dans la guerre du Kosovo en
1999 ? Le soutien américain aux peuples musulmans des Balkans, pour
faire passer une politique américaine hostile aux musulmans du
Proche-Orient ? Les visées hégémoniques de Washington, et l’encerclement
de la Russie d’une ceinture de bases militaires ? Aurions-nous sacrifié
nos meilleurs atouts en Europe en jouant pour des raisons inavouables de
sujétion atlantiste, la carte perverse de Washington ? Chacun sait que
l’indépendance du Kosovo n’est pas la fin de l’éclatement de la
Yougoslavie, mais le
commencement
de nouvelles guerres dans la région. La Maison Blanche se frotte les
mains par avance, de voir la Grande Europe se fourvoyer dans le
labyrinthe balkanique, et prendre le relais d’un ordre qu’elle-même n’a
jamais su maintenir. Mais les américains ont la vue courte, et des
critères assez désopilants dans le choix de leurs alliés : l’aventure
talibane en Afghanistan est là pour le rappeler, et Paris pourrait
rencontrer quelques mauvaises surprises dans son mariage albanais de
rencontre. Enfin, si le but était de contenir le Kremlin, il est
manifestement raté : cette politique n’a réussi qu’à faire redescendre
la Russie dans les Balkans.
C’est un acte anti-français parce qu’il grave dans le marbre l’emploi
du double standard en matière internationale. En visite officielle à
Chisinau, Mme Rama Yade, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et
aux Droits de l’Homme, a rappelé le droit à l’intégrité territoriale de
la Moldavie, Transnistrie comprise. Au cours de leur longue histoire,
les peuples de la région se sont toujours établis entre des frontières
naturelles. Le Dniestr fut cette frontière. Pourquoi vouloir à tout prix
maintenir en Moldavie un territoire qui historiquement n’a jamais été
moldave puisque au-delà du Dniestr, et dans le même temps arracher à la
Serbie son sol le plus sacré, celui qui est historiquement le plus
serbe ? Prizren a été une capitale de la Serbie. Le Patriarcat orthodoxe
de Pec, cœur spirituel serbe, a été fondé en 1219. L’Amérique, si
prompte à donner des leçons de civilisation, n’existait même pas…
Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Derrière ce sublime fantôme
se dissimule la force brutale. Un tel concept s’appliquait aux peuples
colonisés, ce qui n’a aucun sens au Kosovo, et pourquoi n’accorder
pareil droit qu’aux seuls Albanais ?
Quels sont les critères objectifs pour la reconnaissance de
l’indépendance d’une province en état souverain ? Sa démographie ?
L’appartenance ethnique ? L’on importe pas impunément le tribalisme dans
le débat public. Tôt ou tard, et plus vite qu’on ne le croit, la France
se retrouvera piégée à sa propre rhétorique. Avec un tel principe, nous
devrions nous séparer de la ville de Saint-Denis, qui abrite pourtant,
sous la voûte de sa basilique, les tombeaux de nos rois. Même le plus
farouche républicain n’aurait-il pas quelque pincement au cœur à
abandonner ainsi son patrimoine historique ? Comprenez alors la position
de Belgrade. Surtout qu’un poids démographique, cela se travaille,
s’organise, se construit. Sur l’échelle de l’Histoire, la balance
démographique ne penche que depuis fort récemment en faveur des
Albanais.
C’est un acte anti-français parce qu’il fait de notre pays le
complice de la destruction barbare d’une vieille civilisation
européenne. Vous souhaitez incarner une politique de civilisation,
et l’un de vos premiers actes politiques est de livrer aux Philistins le
cœur spirituel de la Serbie chrétienne ! Un héritage artistique,
historique et religieux classé au Patrimoine mondial de l’Humanité par
l’UNESCO, et d’autant plus unique qu’il souligne du même coup la totale
absence d’apport civilisationnel albanais au Kosovo ! D’où la violence
destructrice de ces derniers… (4)
Dès
le joug ottoman, bras armés de l’occupant, les Albanais ont pratiqué
dans la région à l’égard des Serbes une politique de terreur et de
crimes. Ces seules dix dernières années, et en présence des forces
internationales, un quart de million de Serbes a fuit ses terres
ancestrales, près de 150 églises ont été pillées, brûlées, rasées, les
cimetières profanés, les biens immobiliers spoliés. Tout l’art des
Albanais est dans le retournement, de se poser en victimes en accusant
les Serbes de leurs propres turpitudes.
C’est un acte anti-français parce qu’il sanctionne le mensonge et une
version frelatée de l’Histoire. La première victime de la guerre,
c’est la vérité. Il appartiendra aux historiens - et à eux seuls
- de rétablir cette vérité historique sur l’éclatement tragique de la
Fédération yougoslave, qu’une presse vendue aux puissances d’argent,
alliée à un journalisme de bidet, par bêtise, ignorance, ou paresse
intellectuelle a travesti en mauvais western. Jacques Merlino, dans un
ouvrage retentissant, (5) a parlé de Tchernobyl de l’information,
qui a provoqué sur les opinions publiques occidentales, ce terrible
obscurcissement de la pensée.
En 1985, le Kosovo-Métochie était une province autonome au sein de la
Serbie, et Slobodan Milosevic encore inconnu sur la scène politique.
Pourtant le 1er mai de cette année là, un paysan serbe de
Gnjilane, Djordje Martinovic, qui refusait de vendre ses terres à des
Albanais a été retrouvé dans son champ empalé sur une bouteille. Cette
agression qui rappelait les heures les plus sombres de la domination
turque a secoué d’horreur la Yougoslavie toute entière, d’autant que les
autorités communistes, au nom de la paix interethnique, ont nié
l’événement puis finalement déclaré que la victime s’était automutilée…
Mais qui espérait-on duper, alors que cet affreux supplice nécessite
l’office de trois bourreaux? Cet autisme, ce refus de voir la réalité en
face, d’appeler les choses par leur nom, n’ont pas porté chance à la
Fédération yougoslave, décédée depuis de mort violente. Qui pourrait
dire alors si l’UE, à trop bien l’imiter, ne la suivra pas dans son
naufrage ? Un rapport commandé par la Bundeswehr, daté de janvier 2007
et que vous ne pouvez ignorer, conclue que « la communauté
internationale se retrouve au Kosovo dans la situation d’un refus
grotesque de la réalité. La porte est ouverte pour une escalade de la
violence plus terrible encore. » (6)
C’est un acte anti-français car il leurre nos compatriotes sur une
« influence française » au Kosovo. La France fut une alliée
historique de la Serbie. Si Paris l’a oublié, les Albanais, eux, s’en
souviennent et se méfient de nous. Aussi est-ce vanité de croire que
l’on sera en mesure de leur imposer quoi que ce soit. 40.000 soldats de
la KFOR n’ont pu empêcher une épuration ethnique sans précédent, dans le
silence général, après juin 1999. En mars 2004, les pogroms anti-serbes
n’avaient rien de spontanés et nos soldats, parfaitement informés, ont
laissé faire la foule haineuse, comme le confirme le rapport
d’information parlementaire publié en décembre. (7) L’impunité totale
dont les extrémistes albanais ont bénéficié les rend plus redoutables
que jamais. Aujourd’hui, 17.000 soldats sont présents dans la province
serbe. Il est illusoire d’imaginer qu’ils suffiront à tenir un
territoire montagneux avec une population parfaitement rompue à la
désinformation et à la guerre d’embuscade.
C’est un acte
anti-français car il accorde une respectabilité à un Etat mafieux dont
les trafics n’épargnent pas notre pays. Le Kosovo-Métochie,
indépendant ? Soyons sérieux. Il n’y a pas de souveraineté sans
souveraineté économique. Or le Kosovo a un PIB équivalent à celui du
Rwanda, les 2/3 de sa population sont au chômage. Pristina ne produit
rien, importe 100% de son alimentation et la quasi-totalité de son
énergie. La Serbie, qui ne reconnaît pas cet Etat fantoche, est son
premier partenaire économique, ce qui est normal, puisqu’il est sa
province. L’ « économie » du Kosovo, si telle doit–on l’appeler, est de
type mafieux. Pristina est la plaque tournante de tous les trafics en
Europe, armes, drogues, prostitution, que trahissent les indices bien
connus du blanchiment d’argent sale, la prolifération anormale des
stations d’essence, des maisons de jeu et des constructions de villas
luxueuses, sous le nez de la double administration internationale. Deux
milliards d’euros des contribuables européens investis dans le puits
sans fond du Kosovo se sont « égarés » dans les poches de la
mafia albanaise, et font des Kosoviens l’une des populations les plus
subventionnées, les plus assistées du monde. Et l’UE s’apprête à
remettre le couvert, avec plus de 300 millions d’euros d’aide
supplémentaire.
Bien sûr, ce n’a jamais été le droit ni la justice qui ont guidé les
grandes puissances, mais bien l’intérêt. Sans doute des firmes
françaises, notamment dans les télécommunications et le bâtiment,
espèrent-elles quelques profits juteux. Ce sera le cas tant que l’ONU,
bonne fille, règlera l’addition. Car seul un Kosovien sur deux
s’acquitte de ses factures d’électricité, pour ne prendre que cet
exemple. Et souvenez-vous que Judas n’a guère profité de ses trente
deniers.
Seul le respect dû à votre fonction me retiens de vous dire le mépris,
le dégoût, la colère que m’inspire une décision indigne et inique. Bien
sûr, Droit, Justice, Vérité ne sont que les paravents qui habillent le
cynisme des Etats. Mais ces principes sacrés, la France les revendique
comme siens, et moi, je la prends au mot ! Et lorsqu’elle manque à ses
sublimes mobiles, lorsque la France se manque à elle-même, je lui
demande des comptes !
Je serai, sous le sac de cendres qui me couvre,
La voix qui dit « malheur ! » La bouche qui dit « non »…
(8)
Veuillez croire, M. le Président, en l’assurance de ma grande honte, et
de mon profond accablement.
n
(1)
Le quotidien roumain Ziua (« Le Jour ») titrait le 18 février
2008: « Le Kosovo est né, l’ONU est morte » (éditorial de
Cristian Unteanu)
(2)
Edmond Vermeil, L’Allemagne, essai d’explication, Editions
Gallimard, 1940, p.17
Quelques semaines plus tard, le livre était interdit, ses exemplaires
détruits, et la Gestapo se rendait au domicile de son auteur, qui avait
fort heureusement pris le chemin de Londres.
(3)
Le Monde, 14 juin 1995 : « Poker et mat en Bosnie »,
éditorial de Jacques Attali.
(4) Voir sur les images de CNS, la rage albanaise
contre les témoignages chrétiens multiséculaires, tandis que la KFOR
prend honteusement la poudre d’escampette :
http://www.cnsnews.com/video/2005/KosovoChurchDesecration.wmv
(5)
Jacques Merlino, Toutes les vérités yougoslaves ne sont pas bonnes à
dire, Editions Albin Michel, 1993
(6)
Institute for European Policy, Operationalizing of the security
sector reform in the western Balkans :
http://www.balkanforum.org/IEP-BND/iep0001.PDF
(7)
Assemblée nationale, Rapport d’information n°448, « Quel avenir pour
le Kosovo », décembre 2007, p.32 :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i0448.asp
(8)
Victor Hugo, Les Châtiments, Editions Gallimard
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