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Le
Quatre Septembre
Un "crime de lèse-patrie"
par David Saforcada
Secrétaire
général de France
Bonapartiste
Gambetta proclame la République
devant le palais du corps législatif le 4 septembre 1870
Quelque redoutable que
soit l’ébranlement révolutionnaire, tant par lui-même que par ses
conséquences, le bouleversement peut en être absout lorsque par
certaines novations salutaires ou par la suppression de graves abus il
compense les maux qu’il a entraînés. Il est rare qu’une révolution
n’engendre que ravage et destruction, il faut pour cela, qu’au lieu
d’avoir été préparée par le cours naturel des évènements, elle ne relève
que du choc de passions criminelles ou antipatriotiques.
Quelles furent les causes
de la Révolution du 4 septembre ? Directement ou indirectement, ces
causes relèvent de la faction politique qui se faisait appeler
« l’opposition ».
Pratiquée dans son rôle naturel,
l’opposition, loin d’être
un péril pour un Etat, est plutôt un avantage en ce sens qu’avertissant
le
gouvernement des besoins et des aspirations du pays, elle éclaire le
Pouvoir sur des dessous que pourrait lui dissimuler l’intérêt ou la
flatterie. Dans ces conditions, l’opposition préserve parfois de
certaines fautes. Un régime qui gouvernerait sans opposition aurait
grand peine à ne point tomber dans l’arbitraire. Ceci pour dire que l’on
ne doit voir aucune récrimination sur ce que l’Empire ait eu à lutter
contre une opposition quelconque, mais que la cause des malheurs de la
Nation se trouve dans les machinations haineuses, ambitieuses ou
antipatriotiques d’hommes qui se donnaient comme constituant une
opposition gouvernementale.
La foule envahit la salle des séances du Corps législatif
Sans revenir sur les
causes qui déchaînèrent la guerre de 1870 ni sur l’insuffisance de notre
organisation militaire dont l’opposition avait empêché la reconstitution
en 1868, rappelons seulement que les véritables mobiles auxquels
obéirent les hommes de l’opposition, étaient la haine et l’ambition. La
haine contre Napoléon III qui avait arraché la France à leurs
dangereuses intrigues en 1848 et l’ambition du pouvoir.
La
guerre battait son plein depuis six semaines lorsque le 2 septembre au
soir, le gouvernement
apprenait que l’Empereur était prisonnier suite à la bataille de Sedan.
Ce ne fut que le lendemain que la capitale eut connaissance du désastre.
Dans ce deuil si cruellement tragique que devait prescrire le
patriotisme le plus élémentaire ? De faire trêve à toute considération
secondaire pour se serrer étroitement autour de la Régente et l’aider à
repousser l’invasion ou tout du moins conclure une paix relativement
satisfaisante. Mais telle ne pouvait être l’attitude de factieux qui,
après avoir compromis en 1868 l’issue d’une guerre quelconque en ôtant à
l’Empereur la possibilité d’assurer l’inviolabilité du territoire,
s’étaient ensuite acharnés à rendre la guerre inévitable.
Dans
une séance qui eut lieu dans la nuit du 3 au 4 septembre, Jules Favre
revint à sa honteuse proposition de déchéance de l’Empereur. Le vote fut
ajourné au lendemain. La journée du 3 septembre s’écoula en
délibérations incertaines au sein du gouvernement. L’émeute, excitée par
les factieux de la Chambre, grondait dans Paris. Il eut fallu qu’une
main ferme et providentielle parvint à rallier, au sein du Corps
Législatif une ample majorité, résolue à tout oser pour protéger le
gouvernement, de façon qu’arraché aux coups séditieux, il conservât
toute sa liberté d’action. Quant à l’Impératrice, elle fit preuve dès le
début d’un désintéressement dès plus patriotique, disant à ses ministres
après Reichshoffen – « Il ne s’agit pas de sauver l’Empire, il s’agit
de sauver la France ! » - Parole admirable, sans doute, mais pour
arriver à sauver la France, il fallait sauver l’Empire ! L’Empire seul
avait encore le prestige et le pouvoir de faire face aux évènements …
Jules Favre
Le général Trochu,
gouverneur militaire de Paris, disposait de forces suffisantes pour
mettre à terre l’émeute soulevée par les conjurés. Le matin du 4
septembre, il promit fidélité à l’Impératrice sur son triple honneur de
catholique, de Breton et de soldat. Quittant à peine la Régente, il
pactisait avec les factieux et se faisait nommer par eux chef de leur
gouvernement insurrectionnel !!! Avec l’élément militaire, il était
facile de tout sauver, mais Trochu était l’homme de « l’opposition »,
c'est-à-dire parjure et traître comme elle …
Le
4 septembre, la Chambre siégeait l’après midi, Thiers déposa à la
tribune une proposition conçue en ces termes cyniques : - « Vu la
vacance du trône, la Chambre nomme une commission de gouvernement de
défense nationale, … » - En quoi le trône était-il plus vacant qu’avant
la bataille de Sedan ? Le gouvernement de la Régence ne subsistait-il
pas soit que l’Empereur soit prisonnier, soit qu’il se trouve avec les
combattants ? Mais les conjurés avaient hâte d’accomplir leur crime,
l’insurrection, laissée libre par Trochu fut ouvertement encouragée par
les révolutionnaires de la Chambre. On put alors voir Jules Favre, Jules
Simon, Jules Ferry, Gambetta, sinistres traîtres, tendre la main
aux « émeutiers de la rue » assiégeant le Corps Législatif. Triomphant,
Gambetta monta à la tribune pour y lire la déchéance de Napoléon III.
Napoléon 1er,
dont chaque parole était un oracle, a dit : - « Toute faction est un
composé de fripons et de dupes. » - Dans cette infâme journée du 4
septembre, où étaient les fripons sinon parmi les séditieux du Corps
Législatif ? Où étaient les dupes, sinon dans ce peuple qui six mois
après devait impitoyablement fusiller et déporter ce même gouvernement,
en faveur duquel il renversait l’Empire et perdait la France.
Adolphe Thiers
Donc, Maître Gambetta,
ayant décidé que Napoléon III, n’était plus l’élu des plébiscites,
quitta avec ses amis le Corps Législatif. Jules Favre entraîna ses
complices à l’Hôtel de Ville, où ces grotesques pantins proclamèrent la
République en vertu de la même autorité que celle par laquelle ils
avaient renversé l’Empire. Puis, ils se constituèrent tout seuls membres
du Gouvernement républicain, à la tête duquel ils mirent Trochu. Je ne
suivrais pas les gens de Septembre dans les extravagances de leur lâche
et facile triomphe. Laissons-les se vautrer dans la joie immonde d’avoir
enfin réussi à briser le trône plébiscité des Napoléon pour en escalader
les débris en bâillonnant la
France deux fois vaincue.
Que leur importait la France, que leur importait son renom et son
bonheur puisque l’Empire était terrassé? A ceux qui douteraient de la
longue préméditation des révolutionnaires et qui seraient outrés de
l’affirmation précédente, il suffit de citer quelques-unes des paroles
par lesquelles ils prirent soin de se démasquer eux-mêmes. Rochefort
n’écrivait-il pas peu après son élection – « La chute de l’Empire ne
serait pas payée trop cher par une invasion. » - Auguste Vitet, en 1871
– « Je n’ose maudire l’année 1870, ne nous a-t-elle débarrassée de
l’Empire ? » - Quant à Ernest Picard, il applaudissait aux conditions de
paix – « La conquête de nos libertés, vaut bien la perte de deux
provinces ! » - Le plan criminel pouvait il être dévoilé avec plus de
cynisme que par ces aveux ?
La révolution du 4
septembre, tant dans son essence même que dans ses conséquences, est un
crime de Lèse-Patrie !
Emile
de Girardin écrivit un article virulent sur les hommes du 4 septembre –
« Le pays vous maudira, s’écria-t-il, et ce sera justice ! Quatre
septembre, sois maudit !!! ».
Cette stupeur indignée
devant le quatre septembre, ce sera le sentiment de la postérité
entière !
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