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Nous sommes tous des
acadiens!
par
Albert Salon
Président du FFI-France
Je remercie le Cercle
Jeune France de publier ce que j’ai à dire sur nos « élites-zélotes »
qui massacrent notre langue française et veulent nous faire parler,
manger, agir et réagir en Gallo-Ricains. Car j’en ai gros sur le cœur.
Sur la « patate ». Comme disent les Acadiens. Vous savez, ces Français
du Canada qui ont subi de la part des Anglais une déportation massive,
une véritable épuration ethnique au 18ème siècle : on a
appelé cela pudiquement « le Grand Dérangement ». Les descendants de
ceux qui en réchappèrent, exilés en Louisiane ou revenus plus tard au
Nouveau Brunswick ou en Nouvelle Ecosse, disent toujours : « lâche pas
la patate ! ». Nous en sommes à dire, et faire, comme eux, et aussi
comme les Québécois !
C’est tout un empire
anglo-américain qui veut nous réduire, avec une énorme cinquième colonne
chez nous, conduite par des Trichet, des Seillière (vous connaissez : un
patron de patrons que Chirac a dû planter là, en mars, parce qu’il se
mettait à parler la « langue du maître » devant des chefs d’Etat réunis
à Bruxelles), des Pascal Lamy, des Giscard. Colonne flattée par
d’innombrables « responsables-non-coupables » de tous bords, hormis les
extrêmes…L’Union européenne, loin de ses belles idées des débuts,
maintenant complètement déformées, est devenue une dictature de
fonctionnaires. Elle veut nous faire tenir dans son lit de Procuste. En
coupant ce qui dépasse : de préférence notre tête plutôt que nos pieds !
Nos politiciens en sont largement responsables en leur abandonnant des
pouvoirs. Et cette « Union » est un relais-valet de l’empire. Les
preuves : elle favorise les Etats alliés de Washington, elle cherche à
casser les Etats résistants et concurrents, surtout la France, par
exemple en encourageant fortement les régionalismes, et elle impose
l’anglais partout !
Nos intellos et bobos
snobinards, fascinés par l’Amérique-fric, donnent à fond dans ce
panneau. Vous voulez des exemples ? On ne vous fait même plus la grâce
de traduire en français les affiches des films américains que le « vingt-heures »
de vos « chaînes » de télé vous pousse vigoureusement à aller voir. Ces
chaînes vous ligotent de « star’ac » et d’émissions de type américain,
aux titres en anglais, et vous gavent du rebut de la culture Uncle
Ben-Oncle Sam jusqu’à l’obésité. Foin de la loi Toubon et du principe de
précaution : encouragés par Bruxelles et ses idéologues du grand marché,
les marchands vous traduisent de moins en moins les notices et modes
d’emploi en anglais de leurs produits. Les universitaires et chercheurs
français payés et équipés sur les deniers publics rechignent à vous
donner votre dû : la traduction des travaux qu’ils publient en anglais.
Non seulement le Mammouth de l’ « Educ » tend à décerveler et
dénationaliser vos enfants. Pour mieux les formater à leur destin de
consommateurs dociles, on vous persuade qu’ils doivent apprendre
l’anglais – seule langue étrangère de fait – dès le plus jeune âge. Si
l’on suivait les conseils avisés du gourou Minc, les Françaises
devraient dès leur grossesse habituer leurs futurs bébés aux sons
harmonieux de l’américain. Cela risquerait d’ailleurs de ne pas suffire,
car, dans les entreprises françaises « mondialisées », où les cadres
français doivent de plus en plus travailler en anglais, les patrons
s’aperçoivent qu’il vaut mieux recruter carrément des employés de langue
maternelle anglaise. A la rigueur des Hollandais ou Scandinaves : ils
parlent toujours mieux l’anglais que nos Français…Avez-vous déjà
entendu Trichet, Giscard, Seillière, et les plus snobs de nos
chercheurs, parler l’anglais ? Leur accent fait rire beaucoup de gens.
Pas moi. C’est nos emplois qui filent à l’anglaise. Et cette servilité,
liée à l’absence de vergogne en prononciation, j’en ai honte car ils
font cela chez nous. Pas vous ?
Savez-vous que nos
ministères, à Paris, travaillent en anglais ? En effet, la colique de
directives qui coule de Bruxelles occupe plus de la moitié de leurs
activités de plus en plus en anglais. Nous avons eu beau demander à nos
Premiers Ministres successifs qu’ils donnent l’ordre de renvoyer tout
cela à l’expéditeur et d’exiger des documents de travail en français.
Nous avons eu beau invoquer les propres règles de Bruxelles qu’elle
piétine avec entrain, personne n’ose jouer les trouble-fête. Comme si la
« constitution européenne » n’avait pas été rejetée par les peuples
français et hollandais ! Où est le Général, pour botter le train de ces
particuliers?
Ce
n’est pas tout. Tenez-vous bien : vous avez entendu parler de la
Francophonie. Cette organisation volontaire, ouverte, communauté de 63
membres qui « ont le français en partage », existe bel et bien. Il y a
très longtemps que ce n’est plus « la France et ses colonies ». On
cherche plus à y entrer (peut-être trop ?...) qu’à en sortir. A la
différence des ensembles de langue espagnole ou portugaise, et même du
Commonwealth, elle ne comprend que moins de la moitié de ses membres qui
furent colonisés par la France.
Ces pays attendent
beaucoup de la France. Qu’elle se retrouve ! Qu’elle soit elle-même,
celle dont on aime encore partout la belle image humaine. Qu’elle montre
une autre voie dans la mondialisation que celle de l’hégémonie du
coca-cola ou des ayatollahs de tous poils, pas seulement musulmans...
Une voie humaine. Pas seulement de l’aide. Bien sûr, je vous vois
venir : beaucoup de ces pays attendent de l’aide à leur
développement !...Normal ! Vous avez une peur : que la coopération soit
une aide gaspillée à des « rois nègres » parasites et corrompus et à
leurs comparses français dans nos entreprises et partis politiques.
Répondons à cette crainte
justifiée : à nous d’abord de veiller à éviter les détournements.
Les gens de ces pays
attendent aussi l’accueil en France de leurs migrants. Voilà votre
deuxième peur : que la Francophonie soit associée à l’ouverture de nos
frontières, à une immigration incontrôlée de noirs, de jaunes, d’arabes,
de musulmans… Crainte justifiée. Sauf que ce n’est pas la Francophonie
qui renforce aujourd’hui les flux d’immigrants, mais à la fois la
persistance d’une demande par nos entreprises de main d’œuvre à bon
marché d’où qu’elle vienne, l’indulgence – la complaisance - des
autorités, derrière leurs discours trompeurs, à l’égard des importateurs
et passeurs, et l’inadaptation – pour la France – des contrôles
« Schengen ». Ainsi l’entrée de « roms » qui ne parlent pas français n’a
rien à voir avec l’appartenance officielle de la Roumanie à la
Francophonie. Les Sri-Lankais, Turcs, Chinois, Kurdes, Ghanéen(ne)s,
Ukrainien(ne)s…qui entrent nombreux ne viennent pas de pays adhérents.
Francophonie ou non, cela continuera. En fonction seulement du degré de
notre incapacité à maîtriser les flux d’entrée, et à favoriser
l’intégration et l’assimilation fondée sur un meilleur « dialogue »,
dans une laïcité véritable de la part des autorités, d’abord dans les
banlieues. La connaissance de la langue française ne suffit pas, mais
elle aide au dialogue et à la compréhension, à l’intégration-assimilation…Beaucoup
de Français ne se sentent-ils pas plus proches, dans leurs relations
personnelles, de Tunisiens, de Marocains, de Mauriciens, de Sénégalais
ou de Vietnamiens francophones, sans parler des Wallons, des Suisses
romands et des Québécois, que de Finlandais qui ne parlent pas français,
ou de ceux des Anglais qui ne veulent pas l’apprendre ? Voyez ces Godons
qui s’installent en Aquitaine, en Bretagne, en Normandie, dans le grand
Sud-Est, dans nos stations de sports d’hiver les plus cotées. Ils
seraient plus que bienvenus, s’ils se contentaient de retaper des
bicoques et s’ils cherchaient vraiment à s’intégrer. Mais que nenni ! Il
sont nombreux – pas tous, je le concède – à constituer des isolats, de
petites colonies, dans leur solide mépris des « indigènes » français, et
à exiger d’être servis dans leur langue. Ils font même venir leurs
compatriotes en travail saisonnier, aux conditions sociales de chez eux,
qui font concurrence à nos travailleurs. Le comble est que l’on trouve
des préfectures, conseils généraux et municipaux pour considérer que
c’est aux indigènes de s’adapter, auxquels ils offrent, aux frais des
con-tribuables que vous êtes, des formations en anglais ! On marche sur
la tête !
La Francophonie n’est pas
seulement un atout pour la France. Parce que les grandes cultures et
religions du monde, y compris bouddhiste, confucianiste, orthodoxe,
musulmane…, y sont représentées. Et qu’autour de la langue et des
valeurs véhiculées, une autre forme de coexistence mondiale peut s’y
élaborer.
Depuis des années, nos
divers gouvernements, « de gauche » comme « de droite » vous font croire
qu’ils s’intéressent de près à cette Francophonie. En fait, ils font
surtout du théâtre d’ombres, des Sommets de Chefs, des discours. Ils ne
donnent à l’Organisation francophone que des sommes dérisoires, et ne
font de gestes que de la main gauche. Tenez : ils ont décrété 2006
« année Senghor et de la Francophonie ». Mais que font-ils ? Des « Francofffolies »,
avec expositions et colloques, pour éviter les actions efficaces…
Or, sans entrer dans trop
de détails de la politique francophone que la France devrait mener, il
suffirait de quelques gestes marquants. Chaque fois que l’on met le
drapeau européen à côté du drapeau français, mettons aussi le drapeau de
la Francophonie. Il existe, officiel, mais personne ne le dresse. Il
donnerait enfin le sentiment que la France veut continuer à marcher sur
les deux jambes : la jambe « Europe » et la jambe « grand large », comme
le font les Anglais. Inscrivons aussi dans notre Constitution nationale,
à côté de l’Europe, la participation de la République à la communauté
francophone. Et renvoyons à Bruxelles tous les documents de travail
qu’elle impose uniquement en anglais à nos administrations centrales. !
Trois gestes forts parmi
d’autres. Hautement symboliques. Pour le contribuable, ils ne
coûteraient rien. Au gouvernement : un peu de volonté politique…Ce ne
serait tout de même pas une révolution. La France y retrouverait de la
dignité et les Français de la fierté. Les autres francophones : une
respiration et un espoir.
Nous sommes tous acadiens
et québécois. Halte à l’actuelle folie, au vidage du pays ! Cela
suffit ! Il faut un sursaut des Français, dans ce domaine vital comme
dans d’autres. Faisons, dans la campagne présidentielle, parler de cet
« enjeu majeur », comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui. A vous de
l’imposer.n
Tout cela est proposé par des associations qui veulent défendre et
illustrer sérieusement notre langue et ce qu’on appelle la francophonie.
Si vous êtes d’accord, n’hésitez pas : adhérez aussi. Surtout qu’elles
travaillent toutes ensemble. Elles protestent, publient, manifestent,
agissent en commun. En adhérant, par exemple, à « Avenir de la langue
française », dynamique, vous les avez toutes. 32 euros, 48 pour un
couple, à envoyer avec vos coordonnées 34 bis, rue de Picpus, 75012
Paris, tel 01 43 40 16 51. Il faut s’y mettre tous !
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