Cercle Jeune France

  Des Lettres, de l'Histoire, de la Politique de la France

             "L'âme d'une nation ne se conserve pas sans un collège officiellement chargé de la garder."

                                                                                                                                      Ernest Renan

 

 

 

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Appel à une action mondiale pour le français et la Francophonie

 

 

Pourquoi cet appel ?

 Les dirigeants des pays francophones, surtout de la France, laissent, chez eux, le français – « langue de la République » selon l’article 2 de la Constitution française, et langue officielle au Québec comme en Wallonie - s’effacer au profit de l’anglais dans des secteurs vitaux.

C’est le cas de nos grandes entreprises mondialisées, des colloques et publications scientifiques, des brevets européens, de l’audiovisuel. Les ministères sont obligés, à Paris par exemple, de travailler en anglais sur les documents que Bruxelles envoie uniquement en cette langue, violant la réglementation linguistique européenne elle-même.

La langue française reste une des grandes langues du monde, mais son soutien à l’étranger par le Gouvernement français faiblit à mesure de la diminution des crédits qu’il destine à ses réseaux culturels d’écoles, d’instituts, de formations, pourtant encore très importants.

 Autour de cette « langue en partage », une Communauté francophone, constituée depuis 1960 (indépendances africaines et « Révolution tranquille » du Québec), officialisée et structurée depuis 20 ans en une Organisation internationale de la Francophonie (OIF), comprend aujourd’hui 63 membres de tous continents et de toutes cultures.

A la différence de la Lusophonie, de l’Hispanophonie, et d’autres ensembles géoculturels qui se constituent, la Francophonie ne compte que moins de la moitié de ses membres qui furent colonisés ou occupés par la France. Cette construction est beaucoup plus le résultat de la volonté de ses membres non français que de celle de la France.

Cette solidarité linguistique affirme le français non contre l’anglais, mais pour qu’il reste une des grandes langues de la mondialisation, nécessairement plurielles, sous peine d’une uniformisation dévastatrice, en fait impossible.

Au-delà de la langue : une grande idée : Une communauté qui veut affirmer des valeurs de liberté, d’humanisme, de droits de l’Homme, de démocratie, d’égalité de dignité des hommes et des femmes, des cultures aussi, et prôner un fécond dialogue entre elles, et leur solidarité pour le développement.

Pour montrer à l’humanité une autre voie que le « tout ayatollah » et le « tout coca-cola ». Une autre voie, plus conforme à l’humanisme francophone que le « choc des civilisations », que trop de gens, en Amérique, en Orient, et jusque chez nous, présentent comme inévitable. Une Francophonie prise au sérieux est un des rares antidotes à ce conflit.

 Pourquoi cette année ?

 Parce qu’elle a été décrétée « de la Francophonie ». Et que manquer cette célébration faute de gestes réellement marquants illustrerait au yeux de tous la fin de la grande idée.

 Du Salon du Livre, en mars à Paris, dédié aux écrivains francophones hors de France, jusqu’au XIème Sommet en octobre à Bucarest, de nombreuses manifestations marqueront les « Francofffonies ». Expositions, discours inspirés, conférences, colloques, surtout sur Senghor. Beaucoup de mots qui, si l’on s’en contentait, évoqueraient un embaumement.

 Grande idée menacée de mort. Première responsable : la France qui ne prend guère la Francophonie au sérieux. Trop d’« élites » chez elle ignorent ou nient la demande mondiale d’une vraie France, oublient sa langue, cultivent la parcimonie dans l’exercice de la solidarité pour le développement entre pays francophones, poussent jusqu’à la dangereuse monomanie le choix unique de l’ « Occident ».

Cette année, parce que les déceptions, çà et là dans le monde francophone, se font plus fortes.

Parce que de grandes voix étrangères et françaises (Claude Hagège : « Combat pour le français »…) sonnent l’alarme et réclament des actes.

Cette année, parce que la révision annoncée de la Constitution française, toujours Loi fondamentale de la République, permet d’y faire une place à la construction francophone, à côté de l’Europe qui s’y trouve déjà, pour bien marquer, aussi dans la perspective de l’élection française de 2007, que la France veut bien, à l’image de la Grande Bretagne, construire une forme d’Europe, mais sans sacrifier son Grand Large et la Francophonie.

Cette année, parce que le XIème Sommet des Chefs d’Etat, en octobre à Bucarest, a besoin d’un contenu mobilisateur, pour signifier le réveil et le véritable essor de l’idée francophone.

 Des actes forts, maintenant.

 Nous appelons les Chefs d’Etat et de Gouvernement à décider ensemble de rendre la Francophonie plus visible aux yeux du monde, et d’abord dans leurs propres pays. D’abord en dressant son drapeau dans toutes les cérémonies officielles à côté des drapeaux nationaux, et des autres drapeaux éventuels, fédéraux ou européen.

 Nous appelons la France à introduire dans sa Constitution la phrase élaborée par nos associations après 1992 avec M. Maurice Schumann, et rappelée par M. Claude Hagège :

"La République participe à la construction d'un espace francophone de solidarité et de coopération".

A affirmer ainsi sa volonté de continuer à « marcher sur les deux jambes » dans sa politique extérieure.

Nous appelons les pays francophones membres de l’Union européenne à exiger le respect de sa réglementation linguistique qui passe par le travail en français – et non pas en anglais - avec leurs administrations centrales, le respect du plurilinguisme des brevets, et par la désignation du français comme langue de référence juridique de l’Union.

Nous appelons les pays africains de langue officielle française à exiger le traitement en français de l’aide au développement qu’ils reçoivent de l’Union européenne.

 Nous appelons les pays les plus riches de la Francophonie à accorder désormais, dans leurs enveloppes d’aide au développement, une priorité très forte aux pays membres de cette Communauté, au nom d’une solidarité privilégiée.

Nous appelons tous les membres de la Communauté francophone à donner chez eux à la langue française, dans leur enseignement, leurs médias et leurs communications officielles, diplomatiques, un statut de droit et de fait au moins équivalent à celui de toute autre langue étrangère, non nationale, sur leur sol.

 SIGNATAIRES, au nom des associations émettrices :

« Forum francophone international »,
« Forum pour la France »,
« Phénix »,
« Avenir de la langue française ».


Albert Salon
, ancien Ambassadeur, président du Forum francophone international-France et d’ « Avenir de la langue française » ;

Alfred Mignot, journaliste, éditeur de voxlatina.com, secrétaire général du Forum francophone international ;

Gaston Laurion, Professeur émérite de l’Université Concordia du Québec, secrétaire général du Forum francophone international-Québec ;

Henri Fouquereau, secrétaire général du Forum pour la France;

Michel Guillou, ancien Directeur général-Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, président du « groupe de réflexion Phénix ».


SIGNATAIRES des autres associations portant l’Appel :


Claudio JM d’Alelio
, président d’« Alliance pour les Etats-Unis d’Europe » (Italie);

Jérôme Baloge, président de « Jeune Francophonie » ;

Jacques Barrat, Professeur des Universités,
président de l’« Alliance des enseignants et chercheurs francophones » ;

Claude Beaulieu, président du Comité Valmy ;

Jacques Bergeron, président de la section Ludger Duvernay de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal ;

Jean-Paul Bled, Professeur des universités, président
du « Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France » ;

Dominique Daguet, écrivain, prix de poésie, président de l’association éditoriale de défense et illustration du français: « Cahiers Bleus » (Troyes) ;

Raphaël Dargent, président du « Cercle Jeune France » et directeur de la revue « Libres » ;

Jacques Dauer, président d’honneur de l’Académie du Gaullisme ;

Marceau Déchamps, vice-président de « Défense de la langue française » ;

Bernard Dorin, Ambassadeur de France,président des « Amitiés francophones » ;

Jean Dorion, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ;

Jean-Guy Dubois, président du RCPF, Présence et action du gaullisme, Midi-Pyrénées ;

Henri Fouquereau, président du Mouvement démocrate français ;

Gérard Goussiès, président de « Rénover la République » ;

Jean Guion, président de l’ « Alliance francophone » ;

Philippe Marini, Sénateur de l’Oise, Maire de Compiègne, président du groupe d’amitié France-Québec, et rapporteur du budget au Sénat ;

Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain (Nouméa, N.C.) ;

François Morvan, président de « Vive la République » ;

Jacques Myard, Député, président du Cercle Nation et République ;

Jean-Paul Perreault, président de l’association québécoise « Impératif français » ;

Robert Potier, Professeur des Universités, président d’honneur du Rassemblement pour la France ;

Thierry Priestley, président de « Droit de comprendre » ;

Pierre Pujo, Président de « l’Action française » ;

Régis Ravat, président de l’Association Francophonie-Avenir ;

Raymond Savard, président de la « Société nationale des Québécois et Québécoises de l’Outaouais » (Québec) ;

Claude Thayse, président (à Bruxelles) du Rassemblement Wallonie-France et du Rassemblement Bruxelles-France ;


PERSONNALITÉS SIGNATAIRES à titre personnel :


René et Annick Archenault
, Mouvement démocrate français et Forum pour la France ;

Georges Berthu, ancien Député français au Parlement européen ;

Robert Bertrand, rédacteur de « Québec, un Pays » ;

Alain Bideau, directeur de recherche au CNRS

Geneviève Blache, RIF de PACA ;

Jean-Paul Bled, Professeur des Universités ;

Philippe Bourcier de Carbon, démographe ;

Jean-Pierre Busnel, président de l’Institut André Busnel ;

Jean Charbonnel, directeur de « La lettre d’Argos », ancien Ministre des Présidents Charles de Gaulle et Georges Pompidou;

Alain Chevalérias, rédacteur en chef
de « L’Echelle des valeurs » ;

Pierre Clavé, président de « Croiser les savoirs pour faire savoir » ;

Alain Corvez, Colonel, études stratégiques ;

Michel Debray, Amiral, ancien président de l’Institut Charles de Gaulle ;

Béatrice Decoster-Mallet, Fondation de la France Libre ;

Jacques Derenne, Général, Forum pour la France ;

Charles Durand, essayiste et ancien directeur de l’Institut francophone d’informatique à Hanoï (Vietnam) ;

Stélio Farandjis, Professeur des Universités, ancien Secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie auprès du Président François Mitterrand ;

François-Marin Fleutot, Compagnie d’Artagnan et Planchet, et FFI-France ;

Pierre-Marie Gallois, Général, ancien Conseiller en stratégie du Général de Gaulle, et Forum pour la France;

Claude Gaucherand, contre-Amiral (2S) ;

Denis Griesmar, traducteur, administrateur du Forum francophone international-France ;

Alain Kerhervé, président de « Gaullisme.fr » ;

Bernard Lecherbonnier, écrivain, professeur des Universités ;

Jean Le Garrec, Député, ancien Ministre ;

Jean-Marc Léger, ancien directeur du Devoir à Montréal, ancien secrétaire général de l’Agence universitaire et de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, ancien Délégué général du Québec à Bruxelles ;

Pierre Maillard, Ambassadeur de France, ancien Conseiller diplomatique du Général de Gaulle, Forum pour la France ;

Jean Matthyssens, ancien représentant personnel du Président François Mitterrand aux Sommets de la Francophonie ;

Dominique Noguez, écrivain ;

Jacqueline Picoche, Professeur des Universités ;

Michel Pinton, ancien président de l’U.D.F. ;

David Saforcada ;

Raymond Savard, écrivain, administrateur du FFI-Québec ;

Geneviève Seguin, Proviseur agrégé honoraire, journaliste ;

Margie Sudre, ancienne Ministre de la Francophonie, Députée française au Parlement européen ;

François Therrien, journaliste (Québec) ;

Alain Vivien, ancien Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, vice-président d’ « Avenir de la langue française » ;

Françoise Zemmal, Forum pour la France.

(Liste des premiers signataires à la date de la mise en ligne, le 16 mars 2006).


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