Déjouer la propagande officielle
A propos de
Riposte à l'encerclement médiatique et guerre idéologique de
Jean-Yves Clouzet
par Charles-Xavier
Durand
Aucun
ouvrage ne fait davantage prendre conscience de l’encerclement
médiatique actuel qui étouffe efficacement l’émergence et la diffusion
de tous les nouveaux courants de pensée qui dévient de l’orthodoxie
officielle. Il y a quelques années, le livre de Serge Halimi, “Les
nouveaux chiens de garde”, avait levé le voile sur le filtrage
médiatique des auteurs politiquement corrects mais Jean-Yves Clouzet va
beaucoup plus loin en nous livrant à la fois les mécanismes de la
censure actuelle et en décrivant ses effets qui se résument à
l’instauration d’une véritable dictature des esprits s’appuyant sur un
terrorisme intellectuel généralisé. Avant de pouvoir esquisser une
réaction, le livre de Clouzet a pour principal mérite de nous faire
évaluer en profondeur l’espace à reconquérir.
Le concept de société de
la communication est une imposture car elle est à sens unique.
L’individu moderne est surchargé de récepteurs mais les émetteurs lui
échappent totalement. Les techniques contemporaines ont développé des
méthodes de diffusion de masse si efficaces qu’elles submergent tout.
Les médias actuels disposent des moyens d’une domination graduellement
universelle. En quelques semaines d’efforts, par un verbiage benoît, ils
sont en mesure de ruiner les concepts vitaux d’une civilisation pour y
substituer des préjugés de leur fantaisie : puérils, exquis, dangereux
ou pervers. Clouzet passe en revue les mécanismes qui ont été mis en
place pour assurer la domination idéologique. Qu’il s’agisse de cinéma,
d’édition, de presse à grand tirage, de périodiques, de radio, de
télévision, les observations convergent. Concurrence de plus en plus
réduite, monopoles de fait, directions inféodées à d’autres intérêts,
politiques et financiers, collusion entre les patrons pour orienter
l’information dans un certain sens. La censure des contenus atteint même
Internet qui commence à être soumis à un sérieux système de filtrage.
La domination des peuples
est plus que jamais à l’ordre du jour. Les pouvoirs financiers,
techniques et scientifiques se concentreront entre les mains de quelques
dizaines de millions d’hommes qui gouverneront le monde. A eux l’argent,
le luxe, la santé, la longévité et le savoir. Les populations
inférieures, pour les servir, devront obligatoirement passer par une
étape d’oubli, de déstructuration et de consentement amorphe. En tant
que phénomène social dominant, le système médiatique assure, en même
temps, cette conquête et sa sauvegarde. Au niveau national, nous vivons
une occupation de notre pays, de son âme, de son peuple. Clouzet estime
que le budget consacré à la propagande actuelle par habitant est de
quatre à cinq fois ce qui était dépensé par le régime nazi ou les
régimes communistes les plus durs.
Les médias s’immiscent
dans toutes les sphères de la société. Ils ne se limitent pas à
influencer l’esprit et les sentiments des gens. Ils exercent un pouvoir
dictatorial. Parallèlement, certaines nouvelles lois ont restauré le
délit d’opinion pesant ainsi sur l’édition de liberté et rendant ainsi
plus difficile la publication des livres d’investigation mais, dans la
société dite de la “communication”, le simple silence est un moyen
efficace d’extermination et, cela, proportionnellement au danger que
l’auteur représente pour le système. On n’annonce plus les
manifestations qui dérangent ou les statistiques inquiétantes et ce
n’est plus le génie des créateurs qui déterminent leur fortune, mais
l’attitude des médias à leur égard. Le développement des médias de masse
permet des manipulations auxquelles ni Staline ni Hitler ne pouvaient
rêver…
L’objectif du système est
de toute évidence la destruction systématique de toutes les entités
collectives, qu’elles soient basées sur un sentiment d’identité
nationale, sur une religion ou même sur les liens de sang comme c’est le
cas avec la famille. Allant de pair, on observe le saccage de la langue,
de l’histoire, de l’art et de la foi des peuples qui conditionne ces
derniers à consentir à leur propre disparition. En élargissant la sphère
marchande à la totalité des vies individuelle et collective, les
sociétés dites “modernes” mettent en place les conditions d’un esclavage
comparable à ce que le monde a connu et déjà combattu et les
conséquences seront des réalités physiques, des destructions aussi
efficaces que celles produites par des bombes ou des gaz, des
soumissions que la technique rendra plus dantesques que celles qui ont
pu exister dans les temps reculés.
Clouzet suggère plusieurs
pistes pour ébranler et démanteler le cercle idéologique et discréditer
la propagande officielle. Fort de son expérience de la guerre
idéologique, expérience qu’il a acquise, à l’Est, avec les mouvements de
résistance au marxisme, il donne des idées et des recettes de combat à
adapter dynamiquement aux situations que nous vivons, aux niveaux
individuel et collectif mais le plus grand mérite de Clouzet est de nous
faire prendre conscience de l’impératif absolu d’une réaction militante
pour reconquérir la liberté des esprits, celle qui conditionne toutes
les autres.
n
Jean-Yves Clouzet,
Riposte à l’encerclement médiatique et guerre idéologique, Sicre
Éditions Paris, 2002. 372 pages |