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Neuf
soldats français tués par l'aviation de l'armée légale de Côte
d'ivoire, cette même aviation détruite en représailles par les
troupes françaises du contingent la Licorne, des Français
menacés de mort par des Ivoiriens en colère, leurs biens pillés,
des écoles françaises incendiées, des civils ivoiriens tués par
des soldats français ou des soldats français accusés d'avoir
tiré sur des Ivoiriens " aux mains nues ", une haine inexpiable
exprimée publiquement dans les villes de Côte d'ivoire à
l'encontre de la France accusée de crimes sans nom, une " guerre
de libération " en cours, des relations dégradées entre deux
gouvernements naguère " amis de plus de trente ans ", voilà le
désastre que nous constatons, effarés et accablés. Comment en
est-on arrivé là ?
En signant des accords de coopération militaire avec la Côte
d'ivoire, Etat souverain et pays ami, qui fut un des soutiens de
la France Libre entre 1940 et 1944, la France s'est engagée à
garantir la souveraineté de ce pays et à défendre ses
frontières, s'il était menacé ou envahi. La Côte d'ivoire est un
pays démocratique. La liberté de pensée et d'expression y est
garantie. Sur son territoire, des millions d'étrangers sont
accueillis généreusement : ils y mènent une vie digne que leur
pays d'origine était incapable de leur offrir et ils y jouissent
de droits élémentaires. Les Ivoiriens ont élu un président
humaniste, à qui, certes, des griefs peuvent être faits, mais
qui n'a jamais attenté au droit international, ni aux principes
qui fondent la démocratie. Or, ce président et le gouvernement
qu'il a mis en place ont été victimes en 2002 d'un coup d'état
militaire, dont on soupçonne qu'il a été fomenté à l'étranger ou
de l'étranger. De fait, ce pays souverain est attaqué par des
rebelles, qui en contrôlent une partie et qui ont purifié de
tout individu supposé exogène les territoires qu'ils contrôlent,
alors que le sud du pays, où des exactions ont certes eu lieu,
la purification ethnique ne s'est pas produite. Au regard des
lois humaines et des principes du droit, les rebelles sont
indéfendables. Il incombait à la France de rétablir la légalité
dans tout le pays, du sud au nord. Or, plutôt que d'appliquer
les accords qui les lient à la Côte d'ivoire, le gouvernement
français et son président ont tergiversé, biaisé, hésité,
préféré les palabres sans fin à l'action, protégé les rebelles.
De fait, ils ont trahi un allié, chez qui ont été portées et la
guerre et la mort.
Hélas, ce désastre n'est pas unique.
En moins de six ans, la politique étrangère du président Chirac
n'a réalisé qu'un objectif, qui n'était sans doute pas voulu :
sacrifier nos alliés les plus anciens et les plus fidèles sur
l'autel fumeux, et fumant de sang, de l'humanitairerie bien
pensante. Le premier pays à en avoir pâti est la Serbie,
l'alliée fidèle qui, entre 1914 et 1918, a tenu seule le front
sud-est de la guerre en Europe, sacrifiant, par rapport à sa
population, deux fois plus de soldats que la France. Si elle
avait cédé, la France aurait peut-être perdu la guerre, et nous
aurions été germanisés. La Serbie n'a pas attaqué la France.
Elle n'a jamais nui à ses intérêts. Elle n'a jamais agressé qui
que ce soit. Pourtant, la France, sur l'ordre de Chirac et
Jospin, et à la demande des Etats-Unis, a participé aux
bombardements aériens de ce pays. Elle prétendait agir dans des
buts humanitaires. En réalité, elle a offert aux Albanais le
Kossovo et elle a laissé purifier cette province serbe de toute
présence serbe, les massacres de Serbes commencés en 1942
continuant depuis quatre ans. Le vieux rêve raciste et fasciste
de grande Albanie peu à peu se réalise. Ce à quoi Hitler et
Mussolini ont échoué, la France a contribué avec l'OTAN à le
réussir. Puisqu'elle avait participé à l'agression de la Serbie,
elle aurait dû participer à la seconde guerre contre l'Irak.
Elle ne l'a pas fait, bien que la condition des Irakiens fût
pire que celle des Albanais du Kossovo, bien que le régime
baasiste d'Irak ait commis mille fois plus de crimes
épouvantables que les Serbes, bien que l'Irak fût une affreuse
dictature et la Serbie une démocratie fragile. Au moins, les
Américains ont été logiques avec eux-mêmes : ils ont bombardé la
Serbie et l'Irak. La France n'a pas eu ce courage. Elle s'est
retranché derrière le principe de " deux poids, deux mesures ".
Seuls avaient le droit de dire " non " à la guerre contre l'Irak
ceux qui avaient dit " non " à la guerre contre la Serbie.
Au moment même où la France humilie la Côte d'ivoire ou est
humiliée en Côte d'ivoire, elle soigne en grande pompe Arafat,
elle le maintient artificiellement en vie, elle se prête à
toutes les manipulations possibles. On bombarde un pays
démocratique et allié, on fait des risettes à un organisateur de
meurtres de masse qui a été incapable d'accepter l'accord que le
gouvernement israélien lui proposait en 2000, préférant le
chaos, la poursuite des attentats, le pourrissement de la
situation, l'alliance avec l'islam politique, à un compromis qui
préservait le Proche Orient de la barbarie. De même, au Kossovo
et dans l'ancienne Yougoslavie, la France a pris le parti,
contre ses alliés serbes, des musulmans qui ont combattu aux
côtés d'Hitler et islamisent l'Europe du Sud-est, comme elle a
pris, contre les Israéliens, naguère amis de la France, le parti
d'Arafat, ce petit-neveu de Husseini, le mufti de Jérusalem, qui
fut l'allié d'Hitler et un partisan résolu de l'expulsion de
tous les juifs du proche Orient, comme elle prend le parti des
Turcs, qui occupent militairement un pays membre de l'Union
européenne et qui nient, contre toute évidence, leur
responsabilité dans le génocide arménien.
La France fut naguère la " lumière des nations ". Elle est
tombée si bas qu'elle risque, à terme, si elle persiste dans ses
choix politiques contre-nature, d'en devenir la honte.
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