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Il
faut aimer la France, c'est l'éternel leçon de Michelet.
Qu'on médite
donc cette belle définition du patriotisme…
La
Patrie,
cette grande
Amitié
Citation de Jules
Michelet
tirée de Le Peuple, 1846.
"C’est une grande gloire pour nos vieilles communes de France, d’avoir
trouvé les premières le vrai nom de la patrie. Dans leur simplicité
pleine de sens et de profondeur, elles l’appelaient l’Amitié.
La
patrie c’est bien en effet la grande amitié qui contient toutes les
autres. J’aime la France, parce qu’elle est la France, et aussi parce
que c’est le pays de ceux que j’aime et que j’ai aimés.
La
patrie, la grande amitié, où sont tous nos attachements, nous est
d’abord révélée par eux ; puis, à son tour, elle les généralise, les
étend, les ennoblit. L’ami devient tout un peuple. Nos amitiés
individuelles sont comme des premiers degrés de cette grande initiation,
des stations par où l’âme passe, et peu à peu monte, pour se reconnaître
et s’aimer dans cette âme meilleure, plus désintéressée, plus haute,
qu’on appelle la Patrie.
Je
dis désintéressée, parce que là où elle est forte, elle fait que
nous nous aimons, malgré l’opposition des intérêts, la différence des
conditions, malgré l’inégalité. Pauvres, riches, grands et petits, elle
nous enlève tous au-dessus de toutes nos misères d’envie. C’est vraiment
la grande amitié, parce qu’elle rend héroïque. Ceux qui se sont
liés en elle, sont solidement liés ; leur attachement durera tout autant
que la Patrie. Que dis-je ? Elle n’est nulle part plus indestructible
que dans leurs âmes immortelles. Elle finirait dans le monde et dans
l’histoire, elle s’abîmerait au sein du globe, qu’elle survivrait comme
Amitié." n
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