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Le pouvoir n'est souvent
dans nos contrées qu'une apparence, et le gouvernement se veut
volontiers "gouvernance" pour ne pas oser dire combien il est faible,
navigue à vue, et pratique ce que d'aucuns appellent avec justesse "la
politique du chien crevée au fil de l'eau". C'est que l'autorité et la
sagesse sont désormais de rares vertus et, malheur des temps, les hommes
d'Etat aux abonnés absents. De quoi regretter le grand Cardinal. On peut
toujours relire son Testament politique et les savoureux conseils
qu'il prodiguait au futur roi-Soleil. Extrait.
La raison doit être la
règle
et la conduite d'un Etat
Citation du cardinal de
Richelieu,
Extraite du "Testament
politique ", Librairie Médicis, 1947, pp. 17-19.
"Le gouvernement du
royaume requiert une vertu masle et une fermeté inebranslable contraire
à la mollesse qui expose ceux en qui elle se trouve aux entreprises de
leurs ennemis.
Il faut en toutes choses
agir avec vigueur veu principalement que quand meme le succes de ce
qu'on entreprend ne seroit pas bon, au moins aura-t-on cet avantage que
n'ayant rien omis de ce qui pouvoit faire reussir on evitera la honte
lorsqu'on ne peut eviter le mal d'un mauvais evenement.
Quand meme on succomberoit
en faisant son devoir, la disgrace seroit heureuse, et au contraire
quelque bon succez qu'on puisse avoir en se relachant de ce a quoy on
est obligé par honneur et par consciednce, il doit etre estimé
malheureux puisqu'il ne sçauroit emporter aucun profit qui egale les
desavantages qu'on reçoit du moyen par lequel il a été procuré.
par le passé la pluspart
des grands desseins de la France sont allés en fumée, parce que la
premiere difficulté qu'on rencontroit à leur execution, arretoit tout
court ceux qui par raison ne doivent pas que de les poursuivre et s'il
est arrivé autrement durant le regne de V. M (Votre Majesté) la
perseverance avec laquelle on a constamment agi en est la cause.
Si une fois on n'est pas
propre à l'execution d'un bon dessein il en faut attendre un autre et
lors qu'on a mis la main à l'oeuvre, si les difficultés qu'on rencontre
obligent à quelque surceance, la raison veut qu'on reprenne ses
premières aires aussitost que le temps et l'occasion se trouveront
favorables.
En un mot rien ne doit
detourner d'une bonne entreprise sy ce n'est qu'il arrive quelque
accident qui la rende tout à fait impossible et il ne faut rien oublier
de ce qui peut avancer l'execution de celles qu'on a resolues avec
raison.
C'est ce qui m'obligent à
parler en ce lieu du secret et de la diligence qui sont si necessaires
au bon succez des affaires que rien ne le peut être davantage.
Outre que l'experience a
fait foy, la riaosn est evidente ceu que ce qui surprend etonne
d'ordinaire de telle sorte qu'elle ôte souvent les moyens de s'y opposer
et que poursuivre lentement l'execution d'un dessein et le divulgueur
est le meme que parler d'une bonne chose pour ne la pas faire." n
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