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Le 20 avril 1808 naissait
Louis-Napoléon Bonaparte,neveu du grand Napoléon et futur empereur
lui-même. A bien des égards sa présidence puis son règne (1848-1870)
mérite d'être largement réévalués. Mais force est de constater que les
plus hautes autorités de l'Etat ignore l'anniversaire, nulle
commémoration n'étant prévue pour honorer la mémoire du premier
Président de la République française et de notre dernier souverain, ceci
à l'heure même où l'on multiplie les commémorations en tous genres.
Largement ignoré, largement méprisé aussi, Louis-Napoléon fut pourtant
autrement plus grand que la caricature qu'en fit Victor Hugo, et avec
lui nombre de républicains. Le Cercle Jeune France, qui reconnaît toutes
les traditions nationales, se devait de rendre hommage au modernisateur
de notre pays.
Reconstituer
la société française
Citation de
Louis-Napoléon
Bonaparte
Extraite de "L'idée napoléonienne", 1840.
L'idée napoléonienne
consiste à reconstituer la société française bouleversée par cinquante
ans de révolution, à concilier l'ordre et la liberté; les droits du
peuple et les principes d'autorité. Au milieu de deux partis acharnés,
dont l'un ne voit que la passé, et l'autre que l'avenir, elle prend les
anciennes formes, et les nouveaux principes. Voulant fonder solidement,
elle appuie son système sur des principes d'éternelle justice, et brise
sous ses pieds les théories réactionnaires enfantées par les excès des
partis. Elle remplace le système héréditaire des vieilles aristocraties
par un système hiérarchique qui, tout en assurant l'égalité, récompense
le mérite et garantit l'ordre. Elle trouve un élément de force et de
stabilité dans la démocratie, parce qu'elle la discipline. Elle trouve
un élément de force dans la liberté, parce qu'elle en prépare sagement
le règne en établissant des bases larges avant de bâtir l'édifice. Elle
ne suit ni la marche incertaine d'un parti, ni les passions de la foule;
elle commande par la raison, elle conduit parce qu'elle marche la
première. Planant au-dessus des coteries politiques, exempte de tout
préjugé national, elle ne voit en France que des frères faciles à
réconcilier, et dans les différentes nations de l'Europe que les membres
d'une seule et grande famille. Elle ne procède pas par exclusion, mais
par réconciliation; elle réunit la nation au lieu de la diviser. Elle
donne à chacun l'emploi qui lui est dû, la place qu'il mérite selon sa
capacité et ses oeuvres, sans demander compte à personne ni de son
opinion, ni de ses antécédents politiques."n
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